- ECONOMIE

Aviculture : Vendre le poulet vivant n’est pas rentable

L'Ipavic propose une nouvelle politique nationale pour rentabiliser l'aviculture

L’aviculture camerounaise connait des performances en dents de scie. Aux périodes de crise succèdent des moments de croissance relative. La politique nationale serait défavorable au développement de la filière.

Jean Paul Fouda Ottou, le Secrétaire Général de l’Interprofession Avicole du Cameroun (Ipavic) est formel. Selon lui  « le Cameroun est confronté au problème de la commercialisation des poulets sur pied. C’est un frein au développement de la filière avicole. Nous devons passer à la phase de transformation ». De son avis le salut de l’aviculture camerounaise réside  dans l’exploitation des nombreux dérivés du poulet. Le Secrétaire Général de l’Ipavic s’exprimait ainsi le 24 mai 2016, au sortir du tout premier Salon avicole International de Yaoundé (Savi). Jean Paul Fouda Ottou ne manquait toutefois pas d’évoquer « le manque criard d’unités d’abattage et de transformation de la production nationale ».

                           démembrer le poulet pour le rentabiliser

Le prix de vente du poulet de chair oscille entre 2 500 et 3 500 Cfa au cours de l’année. Pourtant le producteur-vendeur pourrait en obtenir davantage. Il réaliserait en effet des bénéfices considérables en abattant et transformant le poulet, avant de le mettre en vente. De fait Il existe plusieurs sous-produits du poulet qui constituent autant de sources de revenus additives. L’Ipavic fait en réalité des abattage et transformation, les hauts lieux de la politique avicole à promouvoir au Cameroun. L’installation de structures de conservation et de stockage doit cependant s’accompagner de la multiplication d’unités d’abattage. Ceci induit dans un premier temps, la possibilité de démembrer le poulet et de le vendre au kilogramme.Une politique bien plus rentable que la commercialisation du poulet vivant.

 L'Ipavic propose une nouvelle politique nationale pour rentabiliser l'aviculture

débité, le poulet est forcément plus rentable

L’aviculteur peut également tirer profit des os du poulet. Ils entrent en effet dans la fabrication de la pâtée pour animaux domestiques. Les chiens et les chats en sont friands ! la pâtée fait d’ailleurs l’objet de toute une industrie. Elle est disponible en conserves. Outre les os, la pâtée se compose de graisses de poulet fondues. L’on n’oublie pas les viscères. Ils sont utiles dans l’industrie alimentaire, et particulièrement en alimentation humaine.

                             Fabrication de produits chimiques

L’industrie agroalimentaire n’est pas en reste. Le poulet consomme une très grande quantité d’aliment. Les éleveurs parlent de 3,3 kilogrammes d’aliment ingéré en 45 jours. Ce faisant le poulet produit chaque jour  0,2 litre d’excréments ou fiente. Au bout de 45 jours l’on peut en obtenir 9 litres. Séchée, la fiente est utilisée dans l’agriculture et dispense de l’achat d’engrais.

L'Ipavic propose une nouvelle politique nationale pour rentabiliser l'aviculture

La vente de la fiente constitue une source de revenus additive pour l’aviculteur

L’aviculteur qui fait aussi office d’agriculteur réalise ainsi des économies. La commercialisation de ce sous-produit constitue une source de revenus alternative et supplémentaire. 50 kilogrammes de fiente reviennent à 500 ou 1 000 Cfa, selon qu’il s’agit de poulets de chair ou de pondeuses. Selon des scientifiques la coquille d’œuf peut aussi servir d’engrais.

L’industrie cosmétique est aussi tributaire de l’œuf. Le jaune de l’œuf entre en effet dans la composition de nombreux produits de beauté. Les plumes de poulet trouvent aussi leur utilité. Elles peuvent être recueillies par les matelassiers. Ils s’en servent pour confectionner des oreillers, édredons et matelas. Ce secteur d’activité reste mal connu au Cameroun. L’on peut en outre écraser les plumes pour en faire de la farine pour l’industrie piscicole.

l'oeuf trouve de nombreux usages

L’œuf est utile dans les industries alimentaire et cosmétique

La mise en œuvre de cette nouvelle politique avicole s’avère donc nécessaire, car elle permettra à la filière camerounaise de décoller. Le Cameroun doit donc encourager les porteurs de projets avicoles dans toutes les Régions du pays. Un effort doit aussi être fait en matière d’industrialisation, afin de passer définitivement du stade primaire au stade secondaire. Ce serait un atout dans la lutte contre les importations tant redoutées.

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