Bonne gouvernance : de la distance entre la théorie et les faits

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La mondialisation et la globalisation ont donné un coup violent a l’évolution de la société. L’on note alors que la gestion multiple et variée de choses diverses a toujours été d’un grand engagement, tant au niveau des Etats pris de manière singulière qu’au niveau transétatique, mais aussi loin des Etats. En tant que concept et pratique à la fois, la gouvernance / bonne gouvernance ne date pas d’hier. C’est une réalité omniprésente. Il faut gérer, mais pas que : Il faut bien gérer. La gestion devient alors de manière naturelle un habitus que l’on localise partout, de la cellule familiale au dernier aboutissement de la société (nationale ou internationale).

Aujourd’hui et partout dans le monde, la bonne gouvernance (encore appelée bonne gestion ou bon management) est devenue une pratique quasi obligatoire, à tel point que des organismes de veille participent à sa mise en application (exemple pris sur la CONAC au Cameroun ou Amnesty International etc.). C’est dire qu’à cette ère globalo-libérale, cette « chose » au double sens de théorie et pratique doit être appréhendée comme outil régulateur d’habitudes managériales variées, multi niveaux et multi environnements. Le Droit interne ou international la consolide en tant pratique dans sa mission de régulation en criminalisant ce qu’on appellerait ici « mal gouvernance ». Le constat est donc posé, la bonne gouvernance est aujourd’hui défendue par ceux qui ne lui affectent pas un sens précis. Considérons donc sa double valeur.

La bonne gouvernance comme pratique multi niveaux et multi environnements

Il faut noter que la bonne gouvernance n’est pas une chose aisée à saisir quand il faut lui accoler une définition singulière. En effet, elle est d’une nature plurielle de telle enseigne que la restreindre aux seules affaires publiques ou privées serait en même temps limiter le concept. Dès lors, la bonne gestion s’appréhende à tous niveaux des affaires publiques aux affaires privées en passant par la gestion des élections, la gestion locale/communautaire, la gouvernance transnationale etc. Ne pouvant pas nous lancer dans une étude plus vaste, nous nous limiterons à quelques niveaux jugés pertinents.

 La bonne gouvernance dans les affaires publiques 

Il s’agit ici d’une gestion rationnelle et raisonnable des affaires publiques de l’Etat. L’Etat moderne aujourd’hui, adossé pleinement sur le modèle bureaucratique, doit être le reflet du juste milieu. En fait, la bonne gouvernance demande que soient éliminées toutes pratiques néopatrimonialistes, avec confusion des choses publiques à la propriété privée. La bonne gouvernance des affaires publiques c’est en définitive la négation et le rejet de toutes pratiques managériales basées sur le clientélisme, le népotisme (ce qui correspond en Afrique et au Cameroun en particulier au « mouiller la barbe du gestionnaire pour qu’un service publique vous soit rendu »), la corruption. Ici en fait, la limite doit être claire entre vie professionnelle et vie privée. Quid de la bonne gouvernance en matières privées ?

La bonne gouvernance dans la gestion privée

Le secteur privé participant pleinement de la vie de toute société doit lui aussi être larvé de toutes pratiques désordonnées. Autant la corruption, le clientélisme, la gestion frauduleuse et opaque des affaires publiques sont un problème, autant ces pratiques sont une plaie pour le secteur privé. Qu’en est-il des élections ?

Bonne gouvernance et élections

La bonne gouvernance dans le champ électoral consiste en des élections libres, transparentes, ou toutes les parties jouissent des mêmes privilèges et font face aux mêmes difficultés. Qu’elles soient menées (organisées ou gérées) par un tierce, publique ou privé, les élections doivent reposer sur un substrat dont les résultats finaux ne souffriraient d’aucune tumeur ou d’aucun rejet. Ce aspect est clairement exposé en Afrique par exemple dans la Charte africaine de la Démocratie des Droits de l Homme des élections et de la gouvernance (CADDEG). Pour l’étude des élections comme outil de mesure de la pratique de la bonne gouvernance, il apparait de manière assez pale que la démocratie aussi serait un moyen de mesurer de cette pratique. Intéressons-nous donc à autre chose.

La bonne gouvernance et le transnational/international

De la définition qui n’est pas précise, il s’ensuit une pratique elle aussi diffuse. Ainsi, au même titre que l’on parle de bonne gouvernance dans un cadre national, cette réalité est aussi vérifiée au niveau transnational. A cet effet, parler de bonne gouvernance au niveau international ou transnational revient donc à revisiter la gestion multiforme que l’on a dans les regroupements régionaux (UE, UA, etc.), sous-régionaux (CEEAC, CEDEAO, UMOA, etc.), dans les organisations internationales globales (ONU et ses différentes branches). La bonne gouvernance se localise aussi dans la gestion de crises multiples, crises humanitaires, politique internationale, les multinationales etc. Il faut donc dire que loin des aspects théoriques, la bonne gouvernance doit être appréhendée en terme de pratique véritable.

LA BONNE GOUVERNANCE COMME PRATIQUE VERITABLE ELOIGNEE DE LA THEORIE :

Loin des débats théoriques, la bonne gouvernance reste et demeure une réalité qui n’a de sens que si elle est pratiquée. Cette partie ambitionne de présenter quelques exemples légers de crises relevées du fait de la « mal gouvernance ». Il va sans dire que comme pratique, la bonne gouvernance reste difficile mais pas impossible, surtout dans un contexte de gestion humaine.

Bon nombre de sociétés se heurtent véritablement à cette réalité. Des informations les plus anciennes aux actualités les plus récentes, nous pouvons avoir un schéma assez diversifié et explicatif, évolutif et même fracassé de la pratique de bon management. L’on se rappelle alors la figure à la fois heureuse et malheureuse de la gouvernance, qui selon les résultats, peut se voir accoler de manière antéposée les adjectifs « bonne » ou « mal ». Ainsi, nous à l’esprit la gouvernance sécuritaire en Amérique du nord, la transition de l’état mexicain. Nous vient aussi à l’esprit la gestion de la crise de la famine en Ethiopie dans les années 1990. D’autres exemples non exhaustifs pleuvent de tous horizons. L’on se rappelle encore la destitution de la présidente Dilma Roussef pour gestion opaque des biens publiques au Brésil dans l’affaire PETROBRAS ou encore celle de Joseph Sep Blatter de la FIFA.

Panemi De Muishe Lydien Walter

Candidat #2

Concours LE REPUBLICAIN

Magazine Hommage à la République

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