ECONOMIE

Cameroun : La masse salariale a triplé en 12 ans

Officiellement la hausse se justifie par les recrutements massifs opérés à la fonction publique depuis 2006.

Au cours de la décennie 2006– 2017, la masse salariale du Cameroun est passée presque, du simple au triple.393 milliards FCFA en 2006, elle était de 945 milliards FCFA en 2017.. « Cela est dû aux recrutements que nous avons enregistrés pendant la période concernée » explique le Directeur du budget du ministère des finances,Cyrille EdouAlo’o. La même source indique  que les effectifs de la Fonction publique sont passés de 163 000 agents en 2006, à environ 322 000 en 2017, soit le double. Des chiffres qui font froid au dos, et qui interrogent…Cette seule explication suffirait‑elle à convaincre le peuple, les bailleurs de fonds, et l’Etat du Cameroun lui-même qui n’arrête pas de s’interroger sur le poids excessif que prend sa masse salariale au jour le jour. Cette interrogation s’est jadis marquée par une série de mesures gouvernementales en vue de maitriser la masse salariale et les effectifs des fonctionnaires et agents publics. Opération antilope, SIGIPES I et II pour ne citer que celle-là, ont été expérimentées par l’Etat, avec des résultats mitigés certes, concluants cependant que le ver est dans le fruit. Sauf que les conclusions de ces différentes opérations n’ont pas permis au système de gestion des salaires et des effectifs de l’Etat de prendre une fois pour toute, des mesures visant à limiter ce faux autour de la masse salariale et des effectifs.

Nouveau recensement

Cette année encore, l’Etat est obligé de lancer un énième comptage des fonctionnaires et agents publics, en raison d’une masse salariale trop pesante, dans un contexte récessif.Les interrogations sur la capacité de l’Etat à continuer de garantir ses engagements d’employé fusent au même moment que l’on évoque l’impérieuse nécessité de réduire le train de vie de l’Etat. Sauf que ce sont des slogans auxquels on est habitué depuis des décennies et visiblement sans résultats. Pourtant les mécanismes de pillages de l’Etat par le biais des salaires sont connus, ainsi que leurs auteurs. Sans conséquences. Pour le moment les bailleurs de fonds exigent cette opération, toute chose qui justifie toute l’agitation autour, mais un feu qui va s’éteindre aussitôt que le mauvais vent sera passé. Il faudra attendre encore quelques années pour relancer un nouveau simulacre. Les caisses de l’Etat auront encore pris un coup et jamais le problème résolu de manière définitive.

serge effa

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