DOSSIERS

Cameroun – ONU : Fondements d’une relation historique et fructueuse

Pupille des Nations Unies de par le rôle qu’a joué cette institution pour son indépendance, le Cameroun entretient, depuis plus de 55 ans, une relation privilégiée avec l’ONU. Soucieux du respect des valeurs et principes onusiens, cet Etat se veut un modèle en la matière. C’est pourquoi il bénéficie du soutien constant de cette organisation pour la poursuite de ses objectifs de développement et de progrès social.

Le Cameroun, comme tout Etat, jouit pleinement de la prérogative de participer aux organisations internationales. Celles-ci, qu’elles soient de type universel, comme l’Organisation des Nations Unies (ONU), ou de type régional, ont pour but d’amener leurs membres à relever les multiples défis qu’un seul d’entre eux ne pourrait réussir dans un système-monde caractérisé par l’interdépendance, surtout dans un contexte exacerbé de mondialisation.

Si le 20 septembre 1960, à travers la résolution 1476, le Cameroun devient un Etat membre de l’ONU, la relation entre ce pays et cette institution internationale est lointaine. Elle a débuté bien avant l’émergence de l’Etat camerounais sur la scène internationale. En effet, bien avant l’indépendance, les peuples du Cameroun connaissaient déjà l’ONU ou sa devancière, la Société des Nations (SDN). D’abord parce qu’au sortir de la première guerre mondiale, le Cameroun accède au statut juridique de territoire sous mandat de la SDN confié à la France et à la Grande Bretagne. Ensuite, avec la naissance de l’ONU en 1945, le Cameroun opère une mue de son statut juridique en devenant un territoire Sous tutelle de l’ONU. Territoire dont l’administration est assurée par les Britanniques et Français. Enfin, parce que c’est à la tribune des Nations Unies que Ruben UM NYOBE, porte-parole des « peuples camerounais », posera le problème de l’indépendance du Cameroun, conformément à l’article 1er, paragraphe 2 de la Charte des Nations Unies, relatif au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

C’est à juste titre qu’ayant bénéficié d’un droit de regard et de la protection de la plus grande organisation universelle, le Cameroun a toujours été considéré comme la pupille des Nations Unies. Ainsi, plus de 55 ans après son accession à la souveraineté internationale, la relation entre l’ONU et le Cameroun n’a jamais porté une seule ride.

L’ONU, posée en lieu de prédilection de la diplomatie multilatérale, le Cameroun y tire toutes les rentes nécessaires, notamment comme champ de projection de sa diplomatie à l’international. C’est pourquoi le pays dispose d’une représentation permanente auprès de l’office des Nations Unies à New York. Ici, l’Ambassadeur Représentant Permanent a pour missions fondamentales d’assurer la consolidation de l’image de marque du Cameroun sur la scène internationale, veiller à ce que les positions du Cameroun soient clairement énoncées sur les questions débattues et prises en compte dans les résolutions adoptées, consolider l’amitié et la solidarité avec différents pays du monde, défendre, en coopération avec divers groupes de solidarité auxquels appartient notre pays, nos intérêts spécifiques ou communs, les intérêts et les attentes des pays amis.

Quels sont dès lors les principes, les fondements et les marques indélébiles d’une telle relation fructueuse ? Comment le Cameroun gère-t-il sa relation avec l’ONU ?

Principes et valeurs onusiens : sources d’inspiration des référents de la politique étrangère du Cameroun

Selon les analystes de la Politique Etrangère du Cameroun tels que Narcisse MOUELLE KOMBI, Yves Alexandre CHOUALA… 3 principes constituent les référents de la politique étrangère du Cameroun. Il s’agit de l’indépendance, du pacifisme et de l’unité africaine.

C’est précisément le cas du pacifisme, entendu comme recherche de la paix, qui constitue la boussole politique de l’action diplomatique du Cameroun sur la scène internationale. Cette quête de la paix définie par le Président Ahmadou AHIDJO, puis consolidée par le Président Paul  BIYA, a 2 niveaux d’expression : la conduite des relations pacifiques et amicales avec tous les Etats et la prohibition du recours à la force dans les relations internationales. En effet, la constitution du Cameroun de 1972 est plus claire. Elle proclame la volonté du peuple camerounais à entretenir avec tous les peuples du monde « des relations pacifiques et fraternelles conformément aux principes formulés par la Charte des Nations Unies ».

Parmi ces principes onusiens figurent le non recours à la force dans les relations internationales, et aussi le règlement pacifique des différends.

Le Cameroun qui fait sien le respect desdits principes, préfère, à certains égards, en cas d’attaque de son intégrité territoriale, s’en remettre à la Cour Internationale de Justice (CIJ).

Accord de Greentree a été signé entre le Président du Cameroun Paul Biya, le Président du Nigéria Olusegun Obasanjo et le sécrétaire Général des Nations Unies Kofi Annan

Ce fut le cas sur la question de Bakassi qui opposa le Cameroun au Nigeria (1993- 10 oct. 2002). Sur ce différend, l’engagement résolu du chef de l’Etat camerounais,  Paul BIYA à privilégier une solution diplomatique n’a pas seulement empêché une guerre entre les 2 voisins. Elle a aussi évité un bain de sang et l’effondrement des 2 économies en pleine crise. Sous l’égide du Secrétaire Général de l’ONU, Kofi ANNAN, les présidents Olusegun. OBASANJO du Nigeria et Paul BIYA du Cameroun ont préféré la paix à la guerre comme le veut l’ONU. Ce qui a poussé de nombreux observateurs, et éminents diplomates du monde entier à suggérer qu’un Prix Nobel de la Paix soit attribué à ces 3 illustres acteurs.

Le choix stratégique de la paix pousse le Cameroun à opter pour une politique étrangère qui réfute « le paternalisme et l’expansionnisme ombrageux dans ses rapports avec ses voisins.» La neutralité du Cameroun sur la guerre de sécession du Biafra, nonobstant les pressions françaises faites sur le Président Ahmadou AHIDJO, en est un cas patent. Les principes onusiens qui guident la politique étrangère du Cameroun, conduisent également ce pays à s’aligner aux décisions et résolutions de l’ONU portant sur les solutions consensuelles que proposent l’organisation internationale sur la marche sereine et pacifique des affaires internationales. Le Cameroun à l’ONU ne fait ainsi que l’apologie et le culte de la paix, y compris dans le cadre du conflit israélo-palestinien.

L’Assemblée Générale des Nations Unies

Prétoire par excellence où les hautes autorités politiques du Cameroun revendiquent l’avènement d’un ordre international plus juste et humain.

Une vue de l’Assemblée générale des Nations unies

L’Assemblée Générale de l’ONU (AGNU) a pour le Cameroun une fonction tribunitienne. Pour les 2 chefs d’Etat qui ont conduit, dans la paix et l’harmonie, la destinée du navire camerounais, il s’agit d’un lieu sacré pour dénoncer les vices et les tares de la société internationale. L’AGNU est ainsi un puissant levier dont se servent les chefs d’Etat camerounais pour revendiquer le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes (cas du Président A. AHIDJO), la souveraineté permanente des Etats sur leurs ressources naturelles et la paix internationale. C’est effectivement à la tribune des Nations Unies que le Cameroun avait présenté en 1969 le Manifeste de Lusaka au nom de l’Afrique. C’est bien devant ce prétoire international que le Président Paul BIYA et son prédécesseur ont réussi à revendiquer l’avènement d’un nouvel ordre économique international, les conditions garantes de la paix et de la sécurité internationales, le désarmement et la démocratisation des relations internationales. A ceci s’ajoutent la dénonciation ferme du colonialisme, de l’endettement et de toutes les autres formes de discriminations qui affectent négativement la bonne marche du système international.

La participation du Cameroun à l’ONU est marquée d’un dynamisme saisissant. Le Président Paul BIYA s’y est déjà rendu plusieurs fois. A ces rencontres, il a lancé de merveilleuses idées qui font date et méritent d’être entretenues en tant que label camerounais. Il s’agit entre autres : du Comité Mondial pour l’Ethique, de l’Observatoire de la Faim, le Bassin du Congo en tant que 2è poumon de la planète, la Solidarité agissante, etc.

L’Organisation des Nations Unies

Allié majeur du peuple camerounais dans son entreprise de faire du Cameroun un Etat stable, développé et prospère

Le siège des Nations unies, New York, État de New York 10017, États-Unis

L’ONU dispose de divers organismes, institutions spécialisées et organes subsidiaires dotés de capacités opérationnelles tant au niveau de la prestation des services techniques et humanitaires qu’au niveau du financement du développement.

Avec l’aide de ces différents organismes, l’ONU a accompagné le Cameroun dans la réalisation de nombreux projets de développement. Elle plaide régulièrement auprès des institutions de Bretton Woods, afin qu’elles octroient au Cameroun les financements nécessaires pour réaliser ses projets de développement. Ainsi, l’apport des institutions de Bretton Woods a été significatif durant les décennies de crise économique, en dépit des effets pervers laissés par les Plans d’Ajustement Structurel imposés par ces institutions de financement du développement.

Au Cameroun, au moins 18 agences du système des Nations Unies exercent leurs compétences sur l’ensemble du territoire national. Ici, l’action du Haut-Commissariat des Réfugiés (HCR) est à féliciter, notamment à travers son engagement tenace dans l’encadrement des milliers de réfugiés centrafricains et nigérians implantés au Cameroun qui ont fui la montée des périls causée par les actes barbares du groupe islamiste Boko Haram et les instabilités politiques successives de la République Centrafricaine. Le Cameroun accompagne fièrement toutes les actions du HCR. Le Gouvernement honore ses engagements envers cette institution. Il a octroyé des terres au HCR pour loger les réfugiés et en début 2015, la première Dame du Cameroun, a offert 2 conteneurs de matériels hygiéniques à cet organisme onusien.

Toutes les autres agences onusiennes présentes au Cameroun exercent pleinement leurs activités. C’est le lieu de relever que des actions importantes sont menées par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), notamment son appui dans la réalisation des OMD, ainsi que celui relatif à la notation souveraine du Cameroun par Standard and Poor’s en vue de l’aider à mobiliser les ressources sur les marchés internationaux des capitaux. Le Coût total du Plan d’Action de Programme Pays (CPAP) 2013-2017 du PNUD au Cameroun s’élève à 30 490 000 dollars américains sur 5 ans, avec une contribution du Gouvernement camerounais à hauteur de 10 450 000 dollars américains.

Dans le cadre du suivi des activités de l’ONU au Cameroun, les hautes personnalités du système onusien ont souvent visité cet Etat. L’ancien Secrétaire Général des Nations Unies, Kofi ANNAN, a ainsi effectué 3 visites au Cameroun (2000, 2002 et 2005). Quant à  son successeur BAN KI MOON, sa visite officielle  au Cameroun s’est tenue du 9 au 11 juin 2010. Les Présidents des 64è et 65è sessions de l’Assemblée Générale, Ali TRIKI (Libyen) et Joseph DEISS (Suisse) ont  effectué des  visites au Cameroun respectivement en mai 2010 et janvier 2011. D’autres hauts responsables de l’ONU ont aussi souvent effectué des visites de travail au Cameroun, question de s’enquérir de l’évolution de certains dossiers poignants, mais aussi pour redynamiser cette relation pérenne.

Le Cameroun : Un Etat qui accompagne l’ONU dans l’accomplissement de ses missions statutaires

Casques bleus camerounais

Les actions du Cameroun en faveur des initiatives onusiennes sont plurielles. L’on note la participation appuyée du Cameroun à tous les fora, conférences et séminaires organisés sous l’égide de l’ONU et relatifs aux problèmes susceptibles d’ébranler la paix et la sécurité internationales. Cas des Conférences et Sommets internationaux sur le développement durable et les changements climatiques, les Sommets sur le désarmement, le Commerce international, l’amélioration des droits de la femme et de la jeune fille, les grandes pandémies internationales comme Ebola et le VIH, etc.

Le Cameroun accompagne aussi l’ONU dans ses différentes Opérations de Maintien de la Paix dans le monde.

C’est ainsi qu’on a remarqué la présence des Camerounais parmi les casques bleus de l’ONU au Cambodge (1992), RDC (1995, 1998), Somalie (1999), Kossovo (2000), Côte d’ Ivoire (2003), RCA (2000 et 2014), Soudan (2005), Burundi, Haïti, etc.

Sur le plan sous-régional, le Cameroun s’investit de façon significative dans les activités du Comité consultatif des Nations Unies sur les questions de sécurité en Afrique Centrale, sous l’égide duquel l’Etat camerounais, en collaboration avec les autres pays d’Afrique Centrale, a initié la création du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Afrique Centrale (COPAX). Cette structure inspirera le mécanisme africain en la matière. L’on signale aussi le fonctionnement de l’école EIFORCES d’Awae (Yaoundé), qui selon la volonté de Paul BIYA, renforcera la participation du Cameroun aux opérations de maintien de la paix (Formed Unit).

L’implication du Cameroun dans l’élaboration et l’adoption d’un instrument contraignant en matière de circulation des armes légères et de petits calibres en Afrique Centrale ne pourrait être oubliée. De même que la conférence sur le désarmement tenu du 3 au 24 septembre 2010, sous la présidence du Cameroun, laquelle a débouché sur le rapport d’activités de cette institution. Un rapport présenté par l’Etat camerounais devant la 65è session de  l’Assemblée Générale des Nations Unies à New York. L’on souligne enfin la tenue à Yaoundé, sous l’impulsion de 2 résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies, du 24 au 25 juin 2013 du Sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de la Commission du Golfe de Guinée (CGG),  sur la sûreté et la sécurité dans le Golfe de Guinée.

Il serait judicieux de ne pas omettre le rôle fécond des Camerounais dans le système onusien. En effet, depuis l’adhésion du pays à l’ONU, de nombreux Camerounais ont exercé et occupent des fonctions dans l’auguste organisation, même s’ils ont souvent eu des postes intermédiaires. A ce niveau, en interne, reste attendu l’appel des diplomates camerounais à la définition d’une véritable politique de placement des nationaux dans la fonction publique internationale. Toutes ces initiatives et actions onusiennes à l’égard du Cameroun, de même que l’adhésion pleine et entière du Cameroun aux idéaux de l’ONU, ses multiples soutiens pour l’accompagner, certes non exhaustifs, traduisent à suffisance l’état de fluidité, de fertilité et la densité des relations entre ces 2 acteurs internationaux.

Somme toute, il convient de reconnaître que le Cameroun a une stature remarquable auprès de l’ONU. Il s’agit d’un Etat qui croit fermement aux capacités pacificatrices de la scène internationale par cette organisation. Toutefois, le Cameroun demeure conscient des limites auxquelles l’ONU fait face, notamment les énormes difficultés qu’elle rencontre parfois pour faire prévaloir des résolutions consensuelles sur certaines questions menaçant la paix et la sécurité internationales. Face à ces blocages qui amenuisent l’efficacité de l’action internationale de l’ONU, le Cameroun affiche toute sa solidarité à son égard. Le Cameroun aux côtés d’autres Etats de la communauté internationale partage l’idée selon laquelle l’efficacité de l’ONU passe inéluctablement par sa réforme. Ce qui a amené ce pays et les autres Etats africains à préciser clairement leur position sur le sujet : la revendication de 2 sièges permanents avec droit de veto, 5 sièges non permanents et la limitation progressive de l’usage du droit de veto pour ce qui est du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Cependant, en attendant au Cameroun la maison de l’ONU, la belle épopée entre ces 2 acteurs se poursuit, le Cameroun demeurant serein sur l’appui de l’organisation universelle pour consolider sa stabilité.

L’ONU accompagne le Cameroun dans son défi d’émergence à l’horizon 2035

Raison pour laquelle à la suite des consultations avec le Gouvernement du Cameroun, les représentants des bailleurs de fonds, la société civile, 4 priorités pour la période 2003-2017 ont été identifiées :

L’amélioration de la participation politique des groupes sociaux en situation de vulnérabilité et de l’intégration de leurs préoccupations;

L’amélioration des résiliences des populations aux effets du changement climatique ;

L’amélioration des prestations rendues aux usagers des services publics ;

L’amélioration des revenus et l’accès des populations des localités de la zone sahélienne aux services socio-économiques de base.

Lutte contre le  terrorisme : Les attentes du Cameroun vis-à-vis de l’ONU

Le Bataillon d’Intervention Rapide au cœur du système de défense et de sécurité du territoire camerounais

L’actualité nous rappelle trop fréquemment que le terrorisme continue à endeuiller et infliger douleurs et souffrances aux populations. Il n’est pas de semaine qui ne soit marquée par un acte terroriste quelque part dans le monde. Ces actes frappent de manière aveugle des innocents qui ont le malheur de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment. C’est dans cette optique que le chef de l’Etat camerounais, recevant les vœux du corps diplomatique le 8 janvier 2015 à Yaoundé, en appelait à une plus grande mobilisation de la communauté internationale face à la montée du terrorisme.

Le terrorisme, jadis phénomène inconnu à l’Afrique, s’est  progressivement installé sur ce continent qui ne connaissait jusque-là que des formes conventionnelles de guerre. Dans la lutte contre ce phénomène, les pays africains ont pris au sérieux la menace. Ils ont entamé la recherche de solutions aux niveaux sous-régional, régional et international. L’Afrique subsaharienne touchée par la montée du terrorisme islamiste s’est, dans cette perspective, organisée pour faire face aux défis sécuritaires dont elle est sujette, en l’occurrence la nébuleuse Boko Haram.

Sur le plan bilatéral, des initiatives ont été entreprises avec succès, entre le Cameroun et le Nigeria d’une part, et entre le Cameroun et le Tchad d’autre part.

Pour assurer une résolution concertée et pacifique aux nombreux problèmes d’insécurité qui existent à leur frontière, le Cameroun et le Nigéria ont procédé à la signature d’un Accord  portant création d’un Comité de Sécurité transfrontalière en février 2014 à Abuja. Cet acte posé après une période de grande méfiance entre les 2 armées démontre indubitablement la volonté politique des 2 pays à coopérer dans tous les domaines.

Concernant la collaboration entre le Cameroun et le Tchad, après l’appel à la mobilisation internationale lancé par le président Paul BIYA, le chef d’Etat tchadien,  IDRISS DEBY ITNO, a autorisé le déploiement des troupes tchadiennes le 18 janvier 2015 au front. Ces derniers ont combattu aux côtés de leurs frères d’armes camerounais et repris la localité de Baga Kawa conquise par le groupe terroriste. Les résultats sur le terrain ont été éloquents avec la reprise de nombreuses villes nigérianes envahies par Boko Haram.

Cet engagement entre le Cameroun et ses 2 voisins touchés par le groupe Boko Haram a produit des résultats élogieux qui ont freiné l’engouement de la secte islamiste.

Sur le plan sous-régional, la coopération en matière de sécurité et de défense s’est déployée dans les cadres de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT), de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) et de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

La CBLT est au cœur de la lutte contre le terrorisme de Boko Haram. C’est ici que la grande majorité des initiatives sont entreprises. Le Cameroun a ainsi abrité les 17 et 18 mars 2014 à Yaoundé, la 2è Réunion des Ministres de la Défense et des  Chefs d’État-major des Etats membres de la CBLT. Cette réunion tenue après celle abritée par  le Niger à Niamey le 8 mai 2012, avait précisément pour mandat de finaliser l’application de la décision  du 14è Sommet des Chefs d’Etat du 30 avril 2012 à N’Djamena, laquelle prescrivait la réactivation et l’opérationnalisation effectives de la Force Mixte  Multinationale, son élargissement à l’ensemble des Etats membres et la révision de son mandat, afin de lui permettre d’être plus efficace face aux défis sécuritaires auxquels l’ensemble de la Communauté est confrontée. De nombreuses autres réunions ont eu lieu par la suite, dont celles des Ministres de la Défense de la CBLT et du Bénin à Niamey en juillet 2014 et à Abuja en novembre 2014. En outre, un Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CBLT et du Bénin s’est tenu le 7 octobre 2014, à Niamey, suivi d’une réunion conjointe des Ministres des Affaires Etrangères et des Ministres de la Défense de la CBLT.

Ces différentes assises dont le thème portait sur « l’analyse de la situation sécuritaire et les mesures concrètes à prendre dans la lutte contre le terrorisme dans le Bassin du Lac Tchad » ont convenu de la nécessité pour ces différents Etats de mutualiser leurs efforts en vue d’apporter une réponse commune et coordonnée aux défis sécuritaires actuels liés aux menaces que fait peser le groupe Boko Haram sur la Région du Lac Tchad.

Au cours de la Conférence extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement du COPAX, tenue à Yaoundé, le 16 février 2015, par solidarité sous-régionale, les Chefs d’Etat ont décidé d’octroyer des soutiens multiformes et concrets au Cameroun et au Tchad  engagés dans le combat contre Boko Haram et de déclencher les mécanismes prévus  par le COPAX (le Protocole  du COPAX et le Pacte d’Assistance Mutuelle) lorsqu’un Etat membre fait l’objet d’une agression ou subit une menace. Une aide d’urgence, de 50 milliards de f CFA a été décidée ainsi que la création d’un fonds de soutien multidimensionnel. Le soutien pourrait revêtir également une aide en troupes, en équipements médicaux, en équipements militaires divers et en appuis aériens. Durant cette rencontre au sommet, de nombreux soutiens financiers et logistiques ont été annoncés par les puissances présentes dont la France et les Etats-Unis.

De toute évidence, le Cameroun est résolument engagé dans la lutte contre la secte Boko Haram, tant sur le plan bilatéral où il est en synergie d’action avec le Tchad et le Nigéria, que sur le plan sous-régional, dans le cadre de la CBLT principalement. La Force Mixte Multinationale (FMM) de la CBLT existe. Elle est déjà opérationnelle sur le terrain où elle engrange de nombreux résultats positifs. Malgré la mise en commun des moyens militaires et la synergie d’actions susmentionnées, l’effort de guerre demeure considérable pour les Etats impliqués et la plupart des soutiens internationaux annoncés restent jusqu’à ce jour attendus.

Attentes vis-à-vis de l’ONU

Cadre par excellence d’échanges et d’analyses sur toutes les grandes questions et problématiques susceptibles de menacer la paix et la sécurité internationale, l’Assemblée Générale des Nations Unies, rassemble chaque année tous les Etats membres de l’ONU. C’est dans ce cadre que les grandes résolutions et orientations sont adoptées. Il n’est donc pas surprenant que cette Assemblée Générale soit l’objet de moult attentes de la part des nations et des peuples.  Le Cameroun, le Tchad, le Nigeria et le Niger, jusqu’à présent, restent plonger dans la guerre contre la nébuleuse Boko Haram et l’effort qu’ils fournissent dans ce sens est considérable et continue de happer une bonne partie de leurs ressources déjà insuffisantes en temps de paix. Pour les pays touchés par le groupe islamiste, les attentes vis-à-vis de l’Assemblée Générale des Nations Unies d’octobre 2015 sont de 2 ordres : dans le cadre de la CBLT, ils attendent du Conseil de Sécurité des Nations Unies, l’adoption d’une résolution forte qui entérine le déploiement de la FMM et met en place des mécanismes de soutien nécessaires. Dans ce sens, le concept stratégique d’opération de la FMM et le communiqué du Conseil de Paix et de Sécurité de la 489è réunion de l’UA du 3 mars 2015 ont d’ores et déjà été transmis officiellement au Secrétaire Général de l’ONU par la Présidente de la Commission de l’Union Africaine.

Ensuite, ne disposant pas de satellites opérationnels, la question du renseignement prévisionnel se pose avec acuité pour le Cameroun comme pour tous les autres Etats africains. Il en est de même du problème des ressources financières pour soutenir l’effort de guerre. Le Cameroun attend ainsi de l’Assemblée Générale des Nations Unies, qui est une tribune idoine à cet effet, la concrétisation des soutiens, d’une part financiers promis par les grandes puissances, notamment lors de la Conférence extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement du COPAX sus-évoquée, et d’autre part accru en termes de logistiques, de maintenance, de renseignement prévisionnel, d’équipements militaires notamment des appareils volants tels des drones.

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