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Cameroun: Paul Biya prescrit la réduction du train de vie de l’Etat en 2019

la réduction du train de vie de l’Etat, revient en instruction dans une circulaire du président Paul Biya signée le 20 juin dernier.  Le chef de l’Etat évoque la nécessaire gestion rationnelle de la dépense publique de l’Etat du Cameroun au cours de l’année budgétaire à venir.

 La circulaire du chef de l’Etat apparaît comme la boussole qui devra orienter les choix et les actions du gouvernement  en 2019. Elle lève un pan de voile sur les dépenses de l’Etat, visiblement encore a la hausse dans un contexte global de crise dans la sous-région. Les prescriptions du chef de l’Etat arrivent au moment ou l’élaboration du budget 2019 est d’actualité.

Dépenses du personnel

Au sujet  des dépenses liées au personnel, l’indication du chef de l’Etat fait mention de l’assainissement des dépenses y afférentes. En instruisant de poursuivre les recrutements, le chef de l’Etat indique que « les recrutements devront correspondre aux besoins réels des administrations en fonction des postes de travail identifiés et surtout, ils devront être pertinents et soutenables sur le plan budgétaire.

Achat des biens et services

Pour ce qui concerne les biens et services, il est question de mettre en application effective la nouvelle procédure de traitement des consommations publiques d’eau, l’opérationnalisation de la mercuriale des prix des loyers contractés par l’Etat et ses démembrements, la définition des quotas de consommation de téléphone par administration et par responsable. Afin d’assurer une meilleure maîtrise des dépenses liées à l’acquisition des véhicules, une attention particulière sera accordée à la réduction des crédits destinés à l’acquisition de nouveaux véhicules et la rationalisation de leur affectation. Pour cela, chaque administration devra impérativement présenter aux pré-conférences budgétaires, la situation exhaustive de son parc automobile, en précisant notamment l’année d’acquisition desdits véhicules et le tableau de répartition des automobiles par service et par responsable.

Et pourtant….

Sauf que  ce n’est pas la première fois que des instructions fermes sur la réduction du train de vie de l’Etat sont instruites par le Président de la république au gouvernement. En décembre 2014, au cours d’un Conseil des ministres, le président Paul Biya a demandé au Gouvernement «  de réduire son train de vie en réduisant les frais de mission, les achats de véhicules et de carburant». Le chef de l’Etat a poursuivi comme dans une injonction ferme : «Je tiens à attirer une nouvelle fois votre attention, sur la nécessité de rationaliser les dépenses et d’améliorer leur qualité dans un contexte international marqué par la rareté des ressources financières.

En effet, il m’a été malheureusement donné de constater que la qualité de la dépense publique n’a cessé de se détériorer, avec notamment une accumulation de dépenses dont la nécessité n’est pas évidente. J’en citerai quelques exemples : l’augmentation effrénée de dépenses en biens et en services, l’accroissement excessif des missions, notamment à l’étranger, la multiplication des Comités et des projets inappropriés, l’accroissement abusif des subventions. Cette situation appelle des efforts de modération et de rationalisation. Je demande au Gouvernement de réduire son train de vie en bloquant les dépenses de biens et services et en réduisant drastiquement les frais de mission, les achats de véhicules et de carburant. La directive que je viens de donner, permettra de dégager des ressources qui trouveront un meilleur emploi dans nos grands projets et dans l’amélioration des conditions de vie de nos populations»

En revenant déçus le chef de l’Etat, qui mesure mieux le poids de la dépense publique sur les efforts de croissance et de développement qu’il impulse, appui sur un domaine capable, à défaut de geler ces efforts, les tire plutôt par le bas. L’urgence en somme est que ces mesures  soient mises en application afin que l’épineuse question de la dépense publique ne soit plus évoquée comme facteur limitant de croissance.

Serge effa

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