SPORT

Can 2021 : Quid la polémique sur les capacités d’organisation du Cameroun

A peine l’édition 2019 achevée, une nouvelle polémique secoue l’Afrique du football, au sujet des aptitudes du Cameroun à accueillir la grand messe continentale du ballon rond.  Une polémique, qui laisse paraître de vraie-fausses velléités algériennes, avec en toile de fond le regard ivoirien. Une controverse de plus, peut-être celle de trop.

Le 25 juillet 2019, une citation venue du nord de l’Afrique est rendue publique et atterrit comme un ovni au Cameroun. En quelques heures, l’expression devient virale, et est reprise dans les réseaux sociaux. Ce jour-là, invité à El Heddaf Tv, une autorité algérienne déclare :

Il a été demandé à l’Algérie de se tenir prête, dans le cas où l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2021 viendrait à être retirée au Cameroun, nous espérons qu’elle se fasse là-bas. Notre pays a les infrastructures nécessaires pour organiser un tel événement »

Le ministre Raouf Bernaoui a délibérément ou pas, déclenché une polémique sur les capacités du Cameroun à organiser la prochaine Coupe d’Afrique  des Nations de football.  Pourtant si cette déclaration a fait boule de neige, c’est bien à cause des inconnues qui ombragent l’équation de l’organisation de l’édition 2021. Pourquoi cette sortie ? Pourquoi maintenant ? Y’aurait-il anguille sous roche ? Et le Cameroun dans tout cela ? Mais surtout, peut-on justifier un tel acharnement ? L’on a tenté de rendre aphone la polémique, mais l’on se doit de voir au-delà.

 

Tentatives de désamorce

Le buzz tel, qu’en quelques jours, le sujet était sur toutes les lèvres. Au Cameroun, les médias ont rapidement repris la tendance et les interrogations ont fusé sur la véracité des propos. A tel point que les autorités camerounaises ont dû se prononcer, pour prendre le pas sur une information qui suscitait déjà des réactions par milliers. Les attitudes de la CAF et du ministère des sports camerounais étaient scrutées, mais c’est le président de la fédération camerounaise qui a été plus prompt. Seidou MBombo Njoya s’est voulu rassurant :

Il n’y a pas d’équivoque, le Cameroun organisera la Can 2021. Le passage de témoin a eu lieu. Les propos du ministre Algérien ont été déformés, nous sommes sereins. J’ai pris des mains de la Caf le drapeau de l’organisation de la prochaine édition de la Can en 2021 que devra organiser le Cameroun ».

Quelques heures après, le secrétaire général de la Fédération Algérienne de Football a aussi joué sa cithare, « Je suis surpris d’apprendre que des déclarations du ministre des sports ont fait débat au Cameroun par rapport à l’organisation de la Can 2021, nous pouvons vous rassurez que les propos du ministre des sports ont été totalement déformés parce que la question était simple si l’Algérie est capable d’organiser une Can ? Pour notre ministre et tous les Algériens, la réponse est oui ». Et puis de poursuivre : « Nous ne voulons pas la place du Cameroun, l’Algérie vient d’être championne d’Afrique des nations et souhaiterait jouer la prochaine Can au Cameroun, un pays frère qui nous a porté chance, l’Algérie souhaiterait encore gagner la Can surtout si elle ne rencontre pas sur son chemin le Cameroun qui sera difficile à manier chez lui. Pas besoin de créer la polémique, on encourage et on le soutien à fond pour l’organisation de la Can 2021 ». Les propos sont flatteurs, le discours élogieux, pour rectifier le tir ou alors masquer la bévue.

Le silence de la CAF

La réflexion est plus profonde. Car si le besoin s’est fait de mettre de l’eau sur du feu, l’adage sur la fumée du feu est bien connu. Les propos du ministre de la jeunesse et des sports algérien étaient mal venus. S’il n’y avait pas d’équivoque sur l’organisation de la CAN 2021, le doute s’est désormais installé. Et malgré les multiples sorties médiatiques pour apaiser les tensions, l’opinion a commencé à s’interroger sur les aptitudes du Cameroun à recevoir l’Afrique du Foot en 2021.

Au moment où nous mettions cette production sous presse, la Confédération Africaine de Football n’avait toujours pas  réagi officiellement. Le plus étrange, ce sont les propos du ministre de la jeunesse et des sports algérien. Ils sous-entendent l’existence d’un plan B en cas de nouvelle déconvenue du Cameroun. Le pays avait il y’a quelques temps reçu la visite du président de la Caf Ahmad Ahmad. Et même si, c’était pour apaiser d’autres polémiques plus anciennes, le nouveau patron de la Caf a montré une image plutôt harmonieuse entre son institution et le pays des lions indomptables. Ce calme de l’instance africaine pourrait-il donc trouver son essence dans les « bons » rapports entre le Cameroun et la CAF ? En cas d’affirmative, la réponse à cette question relève elle aussi d’autres interrogations ; D’autant que cette affaire n’est pas inédite.

Des précédents qui peuvent peser lourd

Le passé renseigne à suffisance sur les contours de cette nouvelle polémique. Une intrigue similaire a animé comme un feuilleton l’organisation de la Can 2019. Le scénario avait abouti au retrait de la compétition au Cameroun. Malgré tout, l’histoire se répète. Comme pour 2019, les premières polémiques naissent deux ans avant l’organisation de la compétition. La précision du timing se mêle à l’incongruité des délais (23 mois avant l’échéance).

 

Comme pour 2019, l’on revendique le rôle de sauveur à un pays du Maghreb. Il y’a quelques temps, c’était le Maroc. « Je l’ai dit à Marrakech et je le dirai à Accra, le Maroc était toujours aux côtés du Cameroun compte tenu des relations politiques et sportives entre nos deux pays et il sera toujours à ses côtés pour organiser une coupe d’Afrique d’envergure », avait indiqué le président de la Fédération marocaine, Fouzi Lekjaa. Cette fois c’est l’Algérie qui est pressentie. L’on se souvient même que le 13 décembre 2018, la Fédération Ivoirienne de Football (FIF) avait saisi

le Tribunal arbitral du sport (TAS) d’un recours contre la décision de la Confédération africaine de football (CAF) de réattribuer au Cameroun l’organisation de la CAN-2021 (initialement confiée à la Côte d’Ivoire). Une saisine qui avait fait choux blancs.

Comme pour 2019, la controverse avait fait le tour de l’Afrique en quelques jours ; et les autorités camerounaises étaient montées au créneau, jusqu’au sommet de l’Etat. Comme pour 2019, la toile s’est emparée de la polémique prétextant le « gros retard » du Cameroun en matières infrastructurelles.

Mais 2021, ne sera pas comme 2019, car désormais le Cameroun est prévenu, et les déclencheurs de polémiques aussi. Les soucis d’évolution des chantiers devront être réglés au plus vite pour que l’Afrique ait « en 2021 (…) la plus belle compétition de football jamais organisée sur le continent » selon Ahmad Ahmad. En guise de répétition générale, le Championnat d’Afrique des Nations se profile en 2020. Ce sera au Cameroun !   

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