- POLITIQUE

Candidats à la Présidentielle 2018 : Le poids politique de chacun sur l’échiquier national

Ils sont neuf à la ligne de départ du scrutin du 07 Octobre prochain. Des noms, pour la plupart bien connus du paysage politique Camerounais. Il revient tout de même aux analystes de la chose politique, la légitimité de s’interroger sur le poids politique des uns et des autres.

A la lecture de la liste des candidats à la présidentielle d’octobre prochain publiée le 07 Aout dernier par Elections Cameroun, il se dégage un certain nombre d’observations, notamment sur le nombre réduit des candidats autorisés à concourir, le rajeunissement et le renouvellement à une large majorité des leaders des partis politiques, l’absence remarquable des candidatures féminines, l’absence de certaines figures coutumières de l’exercice…Occasion idoine donc de feuilleter le profil de chacun, tout au moins pour avoir une idée sur la carrure du prochain président de la république du Cameroun.

Paul Biya

C’est le candidat du RDPC, qui appelle à sa propre succession à la tête de l’Etat du Cameroun. Paul Biya est à son septième mandat, il répond une fois de plus à l’ « appel pressant » d’un peuple qui estime qu’il n’a pas encore achevé sa mission. Le candidat du RDPC présente un potentiel considérable pour espérer briguer un nouveau mandat. Il jouit tout d’abord d’un excellent niveau de pénétration de son parti au plan national. Présent dans les dix régions du Cameroun, le RDPC est le parti le mieux représenté dans les deux chambres du parlement Camerounais, à raison de 148 députés sur les 180 que compte la chambre haute et 88 sénateurs sur les 100 que compte la chambre basse.  Dans la même veine, et pour démontrer  le niveau de pénétration évoqué plus haut, sur les 360 communes que compte le Cameroun, les municipales de 2013 ont octroyé 303 communes au RDPC et 748 adjoints aux Maires. Il est cependant absent dans 45 communes du pays.

Garga Haman Adji

Le candidat pour l’Alliance pour la démocratie et le développement (ADD), va s’essayer à la « chasse aux baleines » une troisième fois. L’exercice ne lui sourit pas assez, ses scores lors des dernières présidentielles ne sont pas rassurants. 3,21% en 2001 et 3,73% en 2004. Le niveau de pénétration de l’ADD est trop bas, pas de député dans les deux chambres parlementaires, pas de maires, seuls quelques cinq conseillés municipaux élus dans cinq communes. On retient de ce candidat qu’il se dit fermement engagé à combattre la corruption au Cameroun, avec quelques actions d’éclat à son actif, mais certains n’y croient pas depuis qu’il avait accepté de se faire évacuer suite à une maladie, au frais de l’Etat. Il fait cavalier solitaire au moment ou des alliances souterraines semblent se nouer dans l’opposition.

Akere Tabeng Muna

Le célèbre avocat au barreau Camerounais veut succéder à Paul Biya. Il est à sa première tentative, et garde sa foi entière sur l’hypothèse de gagner. Il compte aussi sur un regroupement de l’opposition, qu’il pilote depuis quelques semaines. Akere Muna est investi par le front populaire pour le développent (FPD), un parti pas trop connu des populations Camerounaises. Il ne compte qu’un seul conseillé municipal dans tout le Cameroun. Le leader du mouvement « now » connait quelques soucis familiaux avec sa sœur cadette, des conséquences sur cette affaire portée à l’attention de la justice jettent un voile sur sa candidature, boudée par certains qui se demandent si « gérer le grand héritage Cameroun est plus facile que gérer le petit héritage à problème de son feu père ».

Cabral Libii

Certains l’appellent affectueusement « le Macron Camerounais ». Il en a la carrure, la quarantaine, les idées, la vision. Le candidat du parti UNIVERS (Union nationale pour l’intégration vers la solidarité) se dit content, car « concourir pour présider aux destinées d’une nation est quelques chose de particulier ». Mais il est conscient que pour s’y faire il faut ratisser large. Raison pour laquelle « je lance un appel aux autres sept candidats de l’opposition pour que nous nous retrouvions rapidement, d’abord pour que nous élaborions une stratégie en vue de sécuriser le vote et de surveiller les urnes, et que nous procédions à une primaire interne. Il faut se mettre ensemble. » A travers cet appel au rassemblement de l’opposition, Cabral veut élargir la sphère d’activité de son parti qui est assez réduite sur le plan National. Deux conseillers municipaux dans la commune de N’Gaoundéré  2, pas de Maire, pas de député, pas de sénateur.

Ndifor Afanwi Frankline

Très impliqué dans la religion, l’homme de Dieu candidat à la course vers le palais de l’Unité se dit sur et certain de gagner « parce que Dieu nous a déjà montré qu’on va gagner cette élection ». Tout apparaît alors pour lui comme une simple formalité. La campagne présidentielle, la proclamation de sa candidature par Elecam ne sont que des voies tracées par le ciel, des voies que le prophète  et ses adeptes suivent aveuglement jusqu’au couronnement final. Sauf que sur le terrain il y a beaucoup à faire, à moins que son glaive soit en mesure de   transformer  les votes des autres en ses propres victoires. Le candidat du mouvement citoyen national camerounais, MCNC doit cependant se déployer sur le terrain. Lui dont la représentation dans le parlement est nulle. Il ne compte qu’un seul conseillé municipal dans tout le Cameroun.

Maurice Kamto

Le professeur agrégé de droit se rapproche de son rêve, celui de « moderniser le Cameroun dans une république nouvelle ». Il a fait de la « modernisation » le maître-mot de sa vision politique. « Modernisation politique et institutionnelle de l’économie, l’éducation, et du système social », sont quelques variantes de cette vision de l’universitaire. Une idéologie favorable à l’électorat jeune. Le leader du MRC se veut de plus en plus présent sur le terrain, il rencontre les populations de toutes les catégories sociales. Son parti a glané une place à l’assemblée nationale  lors des élections de 2013, et compte 19 conseillés municipaux dans les villes de Douala et Bafoussam.

Joshua Nambangi Osih

Le candidat du Social démocratic front est un personnage politique bien connu. Ses idées et prises de position courageuses rencontrent l’assentiment de nombreuses personnes. Toute chose qui lui vaut cette ascension politique qui l’a poussé à challenger le leader et  fondateur du SDF, Ni john Fru Ndi. La star du SDF embrasse la présidentielle la première fois, mais il a assez d’arguments  pour espérer un meilleur score que lors de la présidentielle de 2011. Fru ndi avait alors obtenu 10,7122%. Joshua Osih compte également sur la part de l’électorat du SDF qui avait boudé le parti, réclamant le départ de Fru Ndi. Mais le SDF présente une bonne assise politique au Cameroun. Principal parti de l’opposition, c’est le deuxième le mieux implanté dans le territoire. 18 députés, 07 sénateurs, 23 Maires, 79 adjoints aux maires, pour une couverture de 38 communes.

 Adamou Ndam Njoya

Il a tenté de briguer le fauteuil présidentiel trois fois déjà, sans succès, en 1992, 2004 et 2011. Lors de cette dernière élection, il avait obtenu 1,7336% seulement, largement en deçà des 4,48% de 2004. Toute chose qui témoigne de la perte de vitesse de L’UDC. Pour ne donc pas faire figure de simple figurant, le leader de l’UDC devrait penser à une stratégie plus efficace sur le terrain. Sur le terrain justement, l’UDC n’a pas grande valeur. 04 députés, 05 maires, 163 conseillés municipaux pour un niveau d’implantation qui est de 7 communes.

Serge Espoir Matomba.

Il est à sa première course vers le palais d’Etoudi. Il affiche clairement sa fierté, fruit d’un « long travail de 10 ans ». Il représente aussi la classe jeune. A moins de 40 ans il rêve de diriger le pays. Chef d’entreprise et conseillé municipal de la mairie de Douala IV ème, le patron du peuple uni pour la rénovation sociale(Purs) entends mettre un accent particulier sur le volet social de la vie des camerounais. Le parti n’est cependant pas bien connu, son fief Douala est sa meilleure représentation territoriale, qu’il est nécessaire d’améliorer.

 Les femmes alors?

Le prochain scrutin présidentiel se jouera malheureusement sans candidature féminine, contrairement à 2011 ou on avait quand même deux candidatures féminines. Que s’est il donc passé? bien malin, qui le dira avec certitude. pourtant les milieux politiques camerounais grouillent de brillantes femmes aux carrures présidentiables, aussi bien dans leur tète que dans leur corps. pourtant elles sont nombreuses à encourager  les femmes à s’intéresser à la politique. Sauf que les mentalités tardent à changer dans certains milieux. La femme reste malheureusement sujette à de nombreuses criques lorsqu’elle ose. Habiba Issa, de l’UPC qui avait déposé sa candidature à Elecam pour le compte de la présidentielle 2018 raconte toute la difficulté qu’elle a à se frayer un chemin dans ce milieu. beaucoup reste encore à faire, mais peut être aussi que la tendance sera inversée avec les législatives et les municipales de 2019

serge effa

Laisser un commentaire

S'il vous plaît, attendez...

Abonnez-vous à notre newsletter

Voulez-vous être averti lorsque nos magazines sont publiés? Entrez votre adresse e-mail et nom ci-dessous pour être le premier à savoir.
%d blogueurs aiment cette page :