- SPORT

CONTRE VENTS ET MARÉES

Le Cameroun se transforme au fil des jours en ce vaste zoo qui accueillera les Éléphants, les Aigles, les Lions, les Écureuils etc pour la Coupe d’Afrique des Nations  2019.  Les stades sortent de terre, les aéroports prennent de l’air, les nationales prennent du bitume. Dans son discours d’investiture, le président en a mentionné. Dans les taxis, bars, salons, les camerounais parlent tous de la CAN.

Une CAN dont l’organisation a longtemps été ébranlée. Ébranlée depuis qu’Issa Hayatou à fait ses valises de la CAF. Ahmad Ahmad est arrivé et très rapidement et veut faire ses marques. Le nombre d’équipe à participer a doublé et les exigences en termes d’organisations aussi. Le Maroc voulait organiser cette CAN certainement comme argument pour la Coupe du Monde 2026. Aujourd’hui, le Maroc sait qu’elle n’organisera pas la CDM 2026 et certainement pas la CAN 2019. Ce Maroc qui s’est qualifié en battant le Cameroun.

Au Cameroun, le gouvernement est au rattrapage. A un an du kick off de la CAN, le cahier de charge a changé. Le nombre de participants a augmenté de huit équipes. Les stades sont passés de quatre à six, dont deux stades d’au moins 15 000 places, deux autres d’au moins 20 000 places et les deux derniers, d’une capacité d’au moins 40 000 places devant accueillir le match d’ouverture et la finale du tournoi. Pour les séances d’entraînement, la CAF exige deux stades par site.

Des exigences qui tombent le 20 juillet 2018 alors que le Cameroun ne remplit même pas encore l’ancien cahier de charge. Le Cameroun est passé par tout. Des visites menaçantes, des déclarations du Président de la CAF alarmantes, des compatriotes pessimistes, des médias tirailleurs. Dans cette zone en eaux troubles, Paul Biya tient ferme le gouvernail de ce bateau et malgré les vagues, les orages et les icebergs, il garde le cap.  Sur la passerelle du Navire, s’invite Samuel Eto’o. Il n’a peut-être pas la main assez ferme pour tenir le gouvernail mais a l’incantation qu’il faut pour calmer l’orage. Le 4 octobre 2018, Samuel Eto’o vient avec Ahmad Ahmad à la rencontre de Paul Biya. Une rencontre qui se révèle comme un rayon de soleil au milieu de l’orage. Apparemment la CAF n’a jamais eu de plan b.

La mer semble calmée, l’orage presque passé. Les autorités camerounaises sont au sprint. Les stades prennent déjà forme. « Le Cameroun sera prêt le Jour J » affirme le ministre des Sports. En tout cas, la CAF n’a jamais eu de plan b. Le ballon est dans la surface camerounaise. Aux acteurs de ne pas se planter. A défaut que l’adversaire marque, les défenseurs peuvent le faire contre leur camp. On l’a souvent vu. Et marquer contre son camp est souvent difficile à oublier et à digérer, surtout quand on a un nom dans le football comme le Cameroun.

Fadel Mohamed

 

 

Laisser un commentaire

S'il vous plaît, attendez...

Abonnez-vous à notre newsletter

Voulez-vous être averti lorsque nos magazines sont publiés? Entrez votre adresse e-mail et nom ci-dessous pour être le premier à savoir.
%d blogueurs aiment cette page :