Développement de l’industrie touristique : Grand horizon d’opportunités

Appelé « Afrique en miniature », le Cameroun est doté d’un potentiel touristique énorme. Le nombre encourageant de 573 000 touristes en 2010 a permis au pays d’être classé par l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) au rang de destinations touristiques internationales.

Politiques et professionnels du secteur s’enthousiasment devant ce grand horizon  d’opportunités, jusqu’ici peu valorisé. Comment professionnaliser l’industrie touristique camerounaise et en  faire  un ferment d’émergence ?

bandeau_extreme_nord2

LES PAYSAGES  DU CAMEROUN VOUS CHARMENT : «TOUTE L’AFRIQUE DANS UN PAYS »

Le Cameroun présente une mosaïque de paysages et de cultures fascinants. Pour découvrir le continent africain, la meilleure porte d’entrée est sans nul doute le Cameroun. C’est d’ailleurs ce qui justifie le slogan choisi par le Ministère du tourisme pour vendre la destination Cameroun : « Toute l’Afrique dans un pays ».  De l’Océan Atlantique aux confins du lac Tchad, 10 régions constituent ce pays qui mérite son titre d’eldorado touristique.

L’écotourisme est pratiqué dans les localités de Campo, sur les plages d’Ebodjé à travers la protection des tortues marines, et dans le parc national de Dzanga-Sangha entre le Cameroun et la République Centrafricaine. Il se pratique également au Mont Cameroun et dans les aires protégées que sont la réserve de Lobeké, royaume des gorilles, la réserve du Dja, véritable appel de la forêt équatoriale du Cameroun. D’autres sites très favorables au trekking existent tels que les Monts Bamboutos, le Parc National de la vallée du Mbéré, les Monts Atlantika dans la région du Nord, et les Monts Manengouba dans la région du Littoral. Que dire des merveilles des Grassfields dans le grand Ouest du pays, ou encore du balnéaire à Kribi la blonde, à Limbé. Quant aux amoureux de l’ornithologie (branche de la zoologie qui a pour objet l’étude des oiseaux) et de la photographie, ils trouveront certainement leur compte dans le parc de Korup. Pour les amateurs de sport et notamment les alpinistes et les grimpeurs, le Mont Cameroun représente un challenge somme toute très intéressant.

1427751536_1828609817bi

LE CAMEROUN 25ème DESTINATION TOURISTIQUE EN AFRIQUE

Le Cameroun est classé 25ème destination touristique en Afrique en 2015 et la 155ème dans le monde, selon le Bloom Consulting Brand Ranking. Cette Agence de notoriété classe annuellement les meilleures destinations touristiques en partenariat avec les magazines The Economist et Forbes, puis la chaîne de télévision CNN. Pourtant l’on notait déjà depuis 2013, d’après le bilan du Ministère du Tourisme et des Loisirs, une nette évolution de 10% sur les arrivées de touristes, dont 812 000 en 2012 et 912 000 en 2013. Augmentation qui avait eu un impact positif sur le nombre d’établissements agréés, de même que sur celui des guides touristiques qui avaient atteint 1750 ; cela s’était accompagné par la création de près de 8000 emplois directs. En outre, les 10% d’augmentation n’étaient pas passés inaperçus sur les finances publiques qui avaient connu une nette croissance de 143 Milliards de F CFA en 2012 et 181.5 Milliards de F CFA en 2013, soit une augmentation de près de 27%.

plage-amenagee-hotel-san-marco-kribi

LES DÉFIS DU DÉVELOPPEMENT DU TOURISME AU CAMEROUN

Selon les informations récoltées en 2010 par Daniel EBOUMBOU, Expert-Conseil en Management et Stratégie en Industrie Touristique, Président de l’Association Camerounaise de Promotion du Tourisme (ACPT), les principaux freins au développement du tourisme au Cameroun sont de plusieurs ordres. Il s’agit du coût des vols ou l’éloignement géographique des pays industrialisés ; le coût de transport aérien national élevé ; la difficulté d’obtenir des visas ; les tracasseries policières et douanières ; l’insuffisance des capacités hôtelières.

Au regard de ce qui précède, le secteur du tourisme  nécessite une implication accrue de l’Etat. Le Cameroun l’a d’ailleurs très bien compris. En effet, d’après l’Expert-Conseil : « le Cameroun est  l’un des premiers pays de l’Afrique centrale à s’engager dans une politique de développement du secteur tourisme, notamment, en promulguant dès 1974 les décrets de création des parcs nationaux, et en s’engageant dans une politique d’investissement hôtelier vers les années 80 à travers la Société Nationale d’Investissement ».

De fait  les analyses menées dans les 25 dernières années sur le redéploiement du tourisme camerounais sont constituées par différents documents, entre autres : l’analyse du secteur des agences de voyages de tourisme du Cameroun – BIT – 1999 ;  un rapport d’inventaire des sites touristiques camerounais et d’élaboration d’un schéma directeur d’aménagement touristique du territoire national réalisé par la GTZ en 2000 ; la Stratégie sectorielle de développement du tourisme au Cameroun réalisée en 2002 pour le Ministère du Tourisme ; les besoins pour la finalisation de la stratégie du tourisme au Cameroun – Mission d’appui pour la démarche de stratégie sectorielle – 2005 – OMT.

Enfin, sur le plan structurel, il observe que le Ministère du Tourisme existait au Cameroun, dès 1966, sous l’appellation Ministère chargé de l’Information et du Tourisme ; et que le 25 mars 1999, le Conseil National du Tourisme a été mis en place, en même temps qu’une Commission Technique Nationale des Établissements et Agences de Tourisme. En outre, des Offices communaux du Tourisme existent à Dschang, Kribi et Buéa.

POUR UNE INGÉNIERIE PROFESSIONNELLE DU TOURISME : INNOVATIONS ET ACTIONS

La promotion du tourisme repose sur un train de mesures : la simplification des mesures administratives, la promotion de la destination Cameroun à l’extérieur, la sécurisation des sites, l’amélioration de la desserte aérienne extérieure et intérieure, le relèvement de la qualité des prestations.  Il s’agit de suivre la démarche d’ingénierie professionnelle du tourisme afin d’engranger d’énormes devises, à l’instar d’autres pays tels que : l’Egypte, l’île Maurice, le Maroc, le Kenya, le Sénégal ou la Tunisie, où le tourisme représente dans certains cas, près de la moitié du PIB du pays. Pour ce faire, et afin d’augmenter la part du tourisme dans la formation du PIB du Cameroun, laquelle contribution est actuellement estimée à 1% seulement, contre 11% sur le PIB mondial, le gouvernement s’est engagé dans des projets d’envergure. C’est le cas de l’aménagement de nouveaux circuits touristiques dans la région de l’Extrême-Nord. Il en est de même de la construction d’un gigantesque complexe touristique à Yoyo, dans la région du Littoral camerounais.

pygmees1

Les retombées dévoilent 250 000 emplois pendant la phase d’installation et 120 000 pendant la phase d’exploitation. Voilà quelques chiffres révélés au terme de la réunion du 30 octobre 2013 du « Comité interministériel de pilotage du projet de construction du méga-complexe économique et touristique », sur les berges de l’Océan Atlantique, à Yoyo dans le département de la Sanaga- Maritime, localité située à moins d’une centaine de kilomètres de Douala, la métropole économique du pays.

Enfin, pour rendre ce gigantesque projet opérationnel dans les meilleurs délais, deux Comités ministériels mis en place s’activent déjà. Ils sont constitués en deux entités opérationnelles: le Comité d’Orientation qui est présidé par le Ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT),  assisté du Ministre du Tourisme et des Loisirs (MINTOUL), et le Comité Technique, qui est constitué des représentants de l’Institut National de Cartographie, de la Mission d’Aménagement et de Gestion des Zones Industrielles, de l’Agence de promotion des investissements et des départements ministériels constituant le comité d’orientation. Le tourisme offre un vaste champ d’opportunités au Cameroun. Le défi de valorisation de ce secteur est lancé, surtout à la veille de l’organisation d’importants événements sportifs (Can 2016, 2019) au  pays de Roger Milla.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :