Economie numérique : secteur porteur mais peu exploré au Cameroun

Malgré sa forte démographie et le potentiel économique  dont il dispose, le Cameroun n’arrive pas encore à s’imposer dans le secteur de l’économie numérique. Les obstacles au développement de cette activité demeurent nombreux et les actions gouvernementales tardent à produire l’impact escompté.

Le Forum Economique Mondial publie chaque année un rapport intitulé Networked Readiness Index (indice de préparation aux réseaux), qui évalue les politiques et les institutions permettant à un pays de tirer pleinement parti des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) pour accroître la compétitivité et le bien-être. Dans son rapport de 2015, le Cameroun, en matière de fracture numérique, occupe le 126ème rang sur 143 Economies étudiées. La fracture numérique demeure importante au Cameroun malgré les efforts consentis par le Gouvernement afin de la réduire. Celle-ci peut se définir comme  le fossé qui existe entre ceux qui ont accès aux TIC et ceux qui y ont un accès limité ou nul ; elle repose sur les variables tels le sexe, l’âge, le niveau d’éducation,  la localisation géographique, la langue parlée ou encore le niveau socioprofessionnel. Le Cameroun compte plus de 23 millions d’habitants. Seulement, moins de 10% de Camerounais se connectent à internet. Une note en-dessous de la moyenne qui est de 18% pour l’ensemble du continent africain.

De ce fait, le e-commerce tarde à s’imposer dans les habitudes des citoyens. Malgré la présence des acteurs privés tels que Jovago.com, site de réservation d’hôtels en ligne, Kaymu.cm, portail de vente en ligne, ou encore Carmudi.cm, portail de location et de vente de voitures en ligne, le Cameroun n’arrive toujours pas à décoller. Au plan géographique, on constate que les zones urbaines sont mieux équipées que les zones rurales, de même qu’il semble que le Sud Cameroun soit mieux outillé que le Grand Nord.

De l’avis des spécialistes, le retard du Cameroun dans le développement de l’économie numérique relève d’un certain  nombre d’obstacles, notamment, le coût élevé  de la connexion internet, le débit qui est encore très faible, la faiblesse ou le déficit de couverture réseau, des problèmes de fourniture d’énergie électrique,  le faible pouvoir de consommation et surtout, le retard des mentalités et l’implication tardive des pouvoirs publics dans le secteur.

POTENTIEL DE CROISSANCE ET D’EMPLOIS

L’analyse macroéconomique révèle que le numérique pourrait devenir une composante majeure de l’économie camerounaise tant par sa contribution au PIB qu’à la création d’emplois stables et durables.

D’après le Ministère des Postes et Télécommunication, les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) et plus globalement les télécoms, ont permis, entre 1998 et 2014, la création de 6000 emplois directs et 500 000 emplois indirects au Cameroun. Selon cette même source, cette branche de l’économie constitue le plus grand pourvoyeur d’emplois du secteur tertiaire du pays, avec 50% des postes pourvus par les entreprises commercialisant les biens et les services. Le potentiel en termes de création d’emploi est d’autant plus important que ce secteur de l’économie camerounaise est encore en friche.

Les offres de services manquent et sont parfois mal connues du public et des potentiels clients, tout comme les opportunités ainsi que les moyens de les intégrer. Pourtant, les Très Petites Entreprises (TPE), ainsi que les Petites et Moyennes Entreprises (PME) camerounaises reconnaissent le rôle positif du numérique. A titre d’exemple, 60 % d’entre elles considèrent que la communication en ligne est indispensable ; 84% souhaiteraient s’investir dans le E-Commerce mais la maîtrise des technologies reste encore pure utopie ; 80% des écoles semblent intéressées par le E-Learning. En ce qui concerne la croissance de l’économie, le secteur du numérique ne contribue actuellement qu’à hauteur de 1,2% du PIB camerounais, ce qui est très faible par rapport au Kenya (2,9%), au Sénégal (3,3%), ou encore à la Chine (Plus de 10%). Il reste donc de nombreuses niches de croissance à développer et à exploiter.

LES AVANTAGES DU NUMERIQUE

Les technologies numériques sont des vecteurs de transformations économique et sociale. En améliorant l’accès aux services, la connectivité, en créant des affaires et des emplois, et en changeant les façons dont les gens communiquent, interagissent entre eux et avec leurs gouvernements, le numérique transforme notre monde. De fait, les technologies numériques réinventent notre société en investissant progressivement tous les domaines de notre vie quotidienne et tous les secteurs de l’économie. De l’innovation médicale à la mobilité, en passant par la communication, l’industrie, la sécurité, le traitement de l’information, le développement des loisirs …

Le numérique est partout, révolutionnant nos manières de produire et d’interagir avec notre environnement.

Le numérique représente de nouveaux défis, il capitalise de nombreuses  opportunités pour les jeunes issus d’une génération dite « connectée », passionnés de sciences et curieux de comprendre le monde qui les entoure et d’en devenir des acteurs privilégiés.

Le numérique, c’est donc aussi la pédagogie réinventée. C’est accompagner tous ceux qui sont désireux de savoir, librement sur les réseaux d’ordinateurs. Le numérique fait exploser le cadre spatiotemporel scolaire, permettant d’apprendre partout et tout le temps. Il est enfin démocratique car personne n’est plus délaissé en raison de son handicap ou de ses difficultés.

En ce qui concerne les gains de productivité, le numérique est devenu l’un des impératifs stratégiques des entreprises, tant en termes d’innovations industrielles que d’organisation, à travers le développement de nouveaux outils de gestion et de partage des connaissances au sein des équipes, avec leurs fournisseurs et leurs clients. Le numérique, de l’avis de managers d’entreprises à succès, représente l’avenir des économies africaines. Il s’agit en effet, du domaine disposant de plus de potentialités et de perspectives.

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