POLITIC

Bernard Muna : le progressiste de la famille

Décédé le 6 octobre 2019 à l’âge de 79 ans,  le fils de Salomon Tandeng Muna a su, par son engagement juridique et politique,  se faire un prénom. Le candidat  a la présidentielle  d’octobre 2011 était membre d’une lignée importante dans l’histoire du Cameroun.

Bernard Muna a succombé à une maladie cardiaque dont il souffrait depuis plusieurs années »

La nouvelle d’une des sources proches de la famille a rapidement fait boule de neige.  Dans l’après-midi du dimanche 6 octobre 2019, le Cameroun s’est ému du décès  de Bernard Muna.  La veille, le frère d’Akere Muna avait été admis en soins intensifs à l’hôpital gynéco-obstétrique de Yaoundé, à la suite d’une nouvelle attaque. Crépuscule de la vie de ce juriste, marquée par de nombreux combats entre démocratie et  respect des droits de l’homme et des citoyens.

Un nom historique

C’est en 1940, le 27 mai  de l’année, que Bernard voit le jour. De son nom complet Bernard Acho Muna, il fait ses premier pas à Ngyen-Mbo, dans la région du Nord-ouest.  Bernard Muna est le fils de Salomon Tandeng Muna. Un nom historique au Cameroun, car son père a été ancien premier ministre du Southern Cameroon, vice-président de la République fédérale du Cameroun et président de l’Assemblée nationale. L’un des grands  artisans de l’unité nationale.

Bernard est le grand frère d’Akere Muna, fondateur de  et d’Ama Tutu Muna. Elle a  été ministre des arts et de la culture entre 2007 et 2015.

Parcours

Dans une pareille famille, difficile de se faire un prénom. Mais Bernard, a même bénéficié de l’affection publique d’un surnom : ‘‘Ben Muna’’.  Sa réputation, il la construit  en démissionnant de son poste de magistrat en 1971 pour rejoindre le barreau du Cameroun en tant qu’avocat. Il sera élu à la tête de cette institution en 1986, qu’il conduira pendant 6 ans.

À ce poste, il milite activement pour le respect des droits civiques et politiques des camerounais en positionnant le barreau comme un moyen de réparer de nombreuses injustices sociales.

L’un des moments marquants de sa carrière, le procès de l’avocat Yondo Black Mandengue au tribunal militaire. Ce dernier avait été arrêté en 1990 pour « subversion ». De nombreux  politiques ont encore en mémoire sa plaidoirie historique. L’avocat avait mis en avant la question des libertés individuelles et collectives dans le pays, à une époque où les questions démocratiques n’avaient point pignon sur rue. .

L’on fera recours à lui  pour effectuer plusieurs missions à l’international avant d’être désigné, en 1997, procureur au sein du Tribunal pénal international pour le Rwanda, puis membre de la Commission d’enquête de l’ONU pour la Centrafrique, en 2013.

Sur le plan politique, Benard Muna restera l’un des membres fondateurs du Social Democratic Front (SDF), la première force d’opposition du Cameroun en termes de représentation à l’Assemblée nationale (en 2019).

Dans l’entourage du président Ni John Fru Ndi, l’ancien bâtonnier perdra peu à peu la confiance de son ami. La brouille est officialisée en  2004. Bernard Muna essaye alors, de challenger John Fru Ndi, à l’intérieur du SDF, lors de la course à la présidentielle. Muna sera finalement exclu du parti, mais ne mettra pas fin à son engagement politique.

En 2011, il se présente en effet à l’élection présidentielle sous la bannière de l’Alliance des forces progressistes (AFP). Son plan de campagne était axé sur une nouvelle constitution, et le rattrapage du retard pris en matière de développement par la lutte contre la corruption. Plusieurs analyses internationales relèvent le dynamisme de sa candidature, et pour la première fois, le fait qu’un candidat fasse usage d’internet par le biais d’un site officiel et des réseaux sociaux, afin de publier son programme et son actualité. Ce qui amène certains journalistes à en parler comme de « la première campagne du xxie siècle en Afrique ». Il termine finalement  quatrième, loin devant le président de la République Paul Biya, réélu avec 77,99 % des voix. Un épiphénomène pour l’ancien président de l’Union des avocats d’Afrique centrale (UAAC). Il laisse un héritage politique et de valeurs  dans l’histoire du Cameroun.  L’Alliance des Forces Progressistes, parti présidé aujourd’hui par Alice Sadio.

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