Le gouvernement camerounais invité à réduire les inégalités sociales (rapport)

L’Institut national de la statistique (INS) du Cameroun a invité les pouvoirs publics à prendre des initiatives allant dans le sens de la réduction des inégalités, «pour éviter la fracture sociale».

Dans sa 4ème Enquête sur les ménages (ECAM 4), dont elle vient de publier les résultats, cette institution publique affirme, concernant l’évolution des principaux indicateurs de la pauvreté monétaire dans le pays de 2001 à 2014, que la relative baisse de l’incidence de la pauvreté, en 2007 et 2014, s’est accompagnée de l’augmentation de l’incidence de la pauvreté en milieu rural et dans certaines régions (Extrême-Nord, Nord, Nord-Ouest, Sud), mais aussi d’une aggravation des inégalités entre pauvres et riches.

«Il faudrait davantage de ressources financières pour ramener les pauvres au niveau du seuil de pauvreté», indique le document, soulignant que «la pauvreté est très répandue» dans les zones rurales des régions de l’Extrême-Nord, du Nord et du Nord-Ouest.

En dépit de la baisse de l’incidence, le nombre de pauvres pour l’ensemble du pays est ainsi passé de 7,1 millions en 2007 à 8,1 millions en 2014, soit une progression annuelle moyenne de 1,8% sur cette période (0,2% en milieu urbain contre 2,0% en milieu rural), une évolution qui témoigne des efforts encore à accomplir et particulièrement pour la zone rurale et certaines régions du pays.

La baisse du taux de pauvreté monétaire dans la période considérée, analyse l’INS, s’est accompagnée d’une dégradation de la situation des pauvres, la profondeur de la pauvreté augmentant de plus de 2,1 points, toute chose qui signifie que les pauvres s’éloignent davantage de la ligne de pauvreté.

La sévérité de la pauvreté passe ainsi de 5,0% en 2007 à 7,2% en 2014, traduisant une aggravation des inégalités ou des écarts de consommation parmi les pauvres sur cette période, 9 pauvres sur 10 (90%) provenant du milieu rural.

La croissance économique observée n’a donc pas permis de générer assez d’emplois décents ou d’améliorer les conditions de travail des actifs occupés à ralentir davantage la pauvreté, constate l’INS, avec comme conséquence une dégradation de la situation des pauvres et une amélioration de celle des riches ainsi que l’atteste l’évolution des indicateurs d’inégalités de consommation.

Dans son Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE), le gouvernement s’est fixé, entre autres objectifs sur la période 2010-2020, de ramener le sous-emploi de 75,8% à moins de 50%, et de ramener le taux de pauvreté monétaire de 39,9% en 2007 à 28,7%, des projections qui ne seront manifestement pas atteintes.

 

FCEB/cat/APA

 

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