SOCIETE

Initiatives : Les atouts de la jeunesse camerounaise

A l’analyse, la jeunesse camerounaise, que ce soit celle de la diaspora ou celle demeurée au pays, dispose d’atouts indéniables qui constituent ses forces pour relever les défis de demain. La jeunesse, notamment la tranche d’âge comprise entre 15 et 40 ans, constitue son premier atout. C’est elle la matrice de son dynamisme débordant. Lequel se décline dans sa créativité, visible dans les domaines de l’artisanat, de la culture (musique, cinéma, danse, etc.) et du sport. Ambitieuse et dévouée, la jeunesse camerounaise fait ses grands pas dans la formation professionnelle, précisément dans les domaines novateurs comme le tourisme, l’hôtellerie, les différentes ingénieries polytechniques, minières, bâtiments et travaux publics, etc. Elle constitue une main d’œuvre riche et abondante (64,2% de la jeunesse à moins de 25 ans) qui ne demande qu’à être formée et qualifiée pour servir la cause du développement.

Arthur Zang, inventeur du Cardiopad

Arthur Zang, inventeur du Cardiopad

La jeunesse camerounaise croit fermement aux valeurs républicaines de la justice, de l’égalité des chances pour tous, de progrès, de paix sociale et de la laïcité. Nationaliste, elle est prête à donner sa vie pour la défense de l’intégrité territoriale. Raison pour laquelle, malgré le contexte de guerre contre Boko Haram, elle intègre les forces armées et police, afin de se battre pour la stabilité et la paix, chères à tous les Camerounais. Un autre atout, non négligeable dont elle dispose pour affronter la concurrence internationale est son bilinguisme.

Faiblesses et blocages

La jeunesse camerounaise, pour la plupart souffre d’un déficit de confiance en soi. Nonobstant les actions du Gouvernement pour son épanouissement, un doute viscéral et un désenchantement sur son devenir la caractérise. L’on peut subodorer que ce doute puise ses causes dans la crise de croyance en son pays qui l’affecte et qui est à l’origine de la fuite des cerveaux que connaît le Cameroun. La crise de leadership, autre obstacle, plombe l’efficacité de cette jeunesse. C’est elle qui consume sa capacité à prendre de grandes décisions et à affronter la concurrence internationale. Même si l’on note la montée en puissance de nombreux jeunes chefs d’entreprises au Cameroun, l’on ne saurait oublier que cette crise de leadership trouve son sens et sa pertinence dans l’infantilisation que les jeunes subissent de la part de leurs «aînés sociaux», portés à leur faire croire que l’on ne peut accéder à un poste de responsabilité qu’après 45 ans.

A cette faiblesse suit directement son manque de réalisme. De nombreux jeunes qui, subissent la mauvaise influence des TICS, ont perdu leur

« fighting spirit », pour verser dans l’alcoolisme et la consommation des drogues. Face aux dégâts de ces fléaux, le chef de l’Etat, au cours de son allocution, exhortera la jeunesse à ne pas baisser les bras. Il leur avait recommandé d’oser, d’innover, car disait-il, il est meilleur de s’aider soi-même avant que le ciel à son tour ne vous vienne en aide.

La déperdition des compétences est un obstacle non négligeable. De nombreux bacheliers de l’enseignement technique, n’ont pas encore d’offre en termes de continuité de leurs filières dans les facultés et autres grandes écoles. Ces derniers sont déversés dans des filières qui n’ont rien à voir avec leur formation scolaire initiale. A ce niveau, comment comprendre que toute une école, construite à Limbé pour former aux métiers de la pêche avec l’appui de l’Espagne depuis 2012, n’a pas encore ouvert ses portes jusqu’à ce jour ? Pourtant l’on sait les retombées économiques qu’apporte le secteur de la pêche à des pays comme le Sénégal ou le Maroc.

Un autre grand obstacle qui détruit les jeunes est la crise des modèles des «aînés sociaux.» Ceux-ci constituent des anti-modèles pour la jeunesse.

A la lecture de leurs comportements, les jeunes cessent de croire à un idéal sociétal qui est le patriotisme et le sens de l’intérêt général. De plus, ces «aînés sociaux» détruisent en cette jeunesse le culte de l’effort, la morale, l’amour du travail bien fait… et favorisent plutôt le développement, chez ces derniers des antivaleurs sociétales, notamment le culte de la matière qui trouve son sens dans la prédation financière des biens publics, la consommation effrénée des biens matériels du souverain moderne occidental, y compris ici « les comportements libertins ». Ces «aînés sociaux», le cas précis des enseignants, tuent à petit feu la jeunesse. Ils sont responsables de la régression du niveau scolaire car, certains parmi eux n’achèvent presque jamais leurs enseignements et ne jouent plus leur rôle d’éveilleur de conscience.

En somme, la jeunesse camerounaise doit, quel que soit le prix à payer, relever les défis de l’émergence. L’Etat y met les moyens nécessaires. Reste à la jeunesse à son tour de capitaliser l’investissement de la nation pour sa formation. Outre l’exigence de transcender ses obstacles, la jeunesse camerounaise doit décupler son sens du patriotisme. Loin de penser que l’Etat n’a que des devoirs envers elle, cette jeunesse doit saluer les efforts du Gouvernement et faire sienne cette pensée de John F. KENNEDY qui exhortait tout Américain en ces termes : «ne demande pas ce que les Etats-Unis font pour toi, mais ce que toi tu fais pour la nation américaine.» Les pensées des grands hommes étant universelles, tout jeune Camerounais doit méditer, contextualiser et intérioriser ces propos du démocrate américain afin de travailler, exclusivement pour la gloire, la grandeur et la puissance de son pays, le Cameroun.

Laisser un commentaire

S'il vous plaît, attendez...

Abonnez-vous à notre newsletter

Voulez-vous être averti lorsque nos magazines sont publiés? Entrez votre adresse e-mail et nom ci-dessous pour être le premier à savoir.
%d blogueurs aiment cette page :