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LES VRAIES RAISONS DE LA DÉSTABILISATION DU CAMEROUN

En 1974, le monde entier fait face à une crise économique qui affectera de manière drastique la France qui depuis 1972 est en récession. Son économie n’est plus productive du fait de la hausse du prix du pétrole, du dollar et autres matières premières.

Il fallait une nouvelle stratégie pour équilibrer les charges liées aux matières premières, et la solution se trouvait en Afrique.
Rappelons au passage le rapport publié conjointement par la Banque Africaine de Développement et l’ONG Global Financial Integrity, qui explique qu’en 30 ans, entre 1980 et 2013, l’Afrique a perdu pratiquement 1400 milliards de dollars au profit des multinationales occidentales. Vers la fin des années 70, début 80, à peine sorti de la pseudo indépendance, nous n’avons même pas eu le temps de mettre sur pied de véritables bases structurelles pour notre développement, voila qu’on nous impose une crise économique aux conséquences directes. Plus visible au Cameroun comme dans tous les autres pays de la Zone BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale) avec une crise de liquidité causée par la baisse du prix des matières premières exportées, produits de bases sur lesquels était construite toute la stratégie de développement. Sur le plan de l’emploi, l’Etat et le secteur public n’ont pas pu faire face à leurs engagements. Ainsi, les dépôts des banques ont baissé alors qu’augmentait parallèlement la proportion des créances douteuses.
La défaillance du système bancaire a entraîné de nombreuses pertes d’emplois, en raison de la fermeture des entreprises qui se sont retrouvées dans l’incapacité d’accéder à leur trésorerie confiée aux banques.
Ajouté à cela le FCFA qui jusqu’aujourd’hui, donne droit à la France de prélever 50% sur notre production de richesses.

C’est dans ce contexte que débarque donc sur le continent, le Fonds Monétaire International avec pour directeur, Alassane Dramane Ouattara, nous sommes en 1984. Arrivé au Cameroun en 1987, une fois de plus, l’Etat perd sa souveraineté au profit des grands groupes financiers parrainés par le FMI. Cette contrainte va nous obliger à rentrer dans l’initiative PPTE, Pays Pauvres et Très Endettes pour nous permettre de réduire le fardeau de nos dettes.

SÉCURITÉ

La France, partenaire stratégique, est liée au Cameroun par des accords de défenses qui lui donnent le droit de se servir sur nos matières premières.

LES COUPEURS DE ROUTES

Au début des années 90, des milliers de familles seront endeuillées dans la région du nord de l’Extrême nord et de l’Adamaoua du fait des coupeurs de routes, phénomène qui va durer plus de 10 ans, malgré les accords de sécurité avec la France. Lorsque débute le conflit armé sur la péninsule de Bakassi, la France qui se sert sur nos matières premières au nom d’accords de défense est obligée d’agir, notre souveraineté étant violée. C’est ainsi que face à ces défis militaires, Paris va envoyer 50 soldats qui iront stationner à Buéa. Des coupeurs de routes à la crise de Bakassi, le Cameroun prendra acte.
Après le commandement opérationnel de 2000 contre le grand banditisme, face aux exploits du BIL, Bataillon Léger d’Intervention, en 2003, le Cameroun va donc décider de moderniser son armée afin de préparer les enjeux futurs. Les exploits du BIL contre les coupeurs de routes et autres pousseront donc le Cameroun à l’étendre sur tout le territoire national, et progressivement, l’unité d’élite de l’armée camerounaise prendra forme jusqu’ à son apogée en 2008 (BIR).

Ceci contre la volonté de la France. Voila ce que dira un expert militaire spécialiste du golfe de Guinée: « Les côtes africaines du golfe de Guinée sont reparties en trois grandes zones. La zone D est celle constituée du Cameroun, Gabon, Sao Tome, Guinée Equatoriale, avec pour base Douala. Et de toutes les zones constituées, la zone D est la mieux sécurisée, même l’Angola et le Nigeria n’y sont pas encore parvenus». Voila pourquoi les côtes équato-guinéennes sont sécurisées par la marine camerounaise et le BIR Delta.

ALTERNANCE

Conscient de l’immense potentiel de notre sous-sol en matières premières, le Cameroun va bâtir sa stratégie de développement son exploitation. Ainsi donc, dans l’attente du point d’achèvement, il fallait déjà limiter l’exploration de notre sous-sol afin d’éviter l’appétit des prédateurs puisqu’à la veille de l’atteinte des objectifs de l’initiative PPTE, le FMI va s’arranger pour brader la quasi-totalité de nos gisements de fer, cobalt aux vautours spéculateurs de l’occident, à savoir le cobalt de Nkamouna aux américains Geovic et le fer de Mbalam à l’Australienne Sundance.


En 2006, le conseil d’administration du FMI et de la Banque Mondiale accordent le fameux sésame au Cameroun, nous sommes au bout du tunnel, le point d’achèvement de cette initiative PPTE. Le Cameroun peut enfin prendre en main le contrôle de son économie.

Le 30 Janvier 2007, sous invitation du président de la république du Cameroun, Hu Jintao arrive à Yaoundé,nous sommes un an après le premier sommet Chine-Afrique organisé à Pékin. Les deux pays peuvent enfin parler business et partenariat stratégique. Les deux dirigeants décident d’unir les destins des deux peuples afin de regarder ensemble vers le développement. Ce rapprochement vers la Chine ne va pas du tout plaire à nos anciens partenaires qui voient dans ce rapprochement avec la Chine, la volonté du Cameroun de rompre avec ce système de spoliation par l’occident pour un nouveau partenariat. En 2008, pour mener à bout sa politique de rupture avec le système de nos prédateurs, l’assemblée nationale du Cameroun va modifier la constitution pour permettre au président Biya de se représenter à la présidentielle de 2011. Après des réunions clandestines entre les partis politiques et la société civile dans les ambassades occidentales, les émeutes vont éclater en Février de cette même année. Pour discréditer le gouvernement de Yaoundé, certains responsables administratifs vont ordonner de tirer sur la foule.C’est au troisième jour que le président Biya va demander au BIR de descendre dans les villes, le BIR étant formécontre la Guérilla urbaine et le terrorisme.

Le 19 Mai 2009, François Fillon débarque à Yaoundé afin de prolonger les accords de défense coloniaux avec le Cameroun. Il a dans sa suite un Général d’armée, 4 ministres et assimilés; le Général Reglat, Eric Besson, Rama Yade, et bien d’autres. Malheureusement pour Fillon et sa délégation, le Cameroun est déjà engagé vers une autre trajectoire, nous sommes déjà dans l’alternance et l’alternative immédiate : c’est la Chine. Nous n’avons plus besoin d’accords de défense, mais d’accords de partenariat sous la forme gagnant-gagnant. Une gifle pour Nicolas Sarkozy qui non seulement n’y croira pas, mais évitera de soumettre le nouvel accord aux parlementaires français. Il faut attendre 2012 pour qu’une fois élu président, Hollande le fasse.

Après la candidature du président Biya à l’élection de 2011, les bailleurs de fonds vont estimer que le risque est élevé au Cameroun, il n’y aura jamais de financement pour nos projets structurants, gages de notre émergenceLe 19 Janvier 2011, le président de la république va effectuer une visite en Chine. Au menu, business et coopération. Au premier jour de sa visite, 07 accords vont êtres signés, ensuite les partenariats stratégiques. De retour au Cameroun, le pays aura sur sa table un chèque d’un milliard de dollars pour le démarrage du port de Kribi, représentant le fleuron de l’émergence du pays. Coût total du projet, 1500 milliards de FCFA, un port à la dimension de celui de Rotterdam.

CHINE-CAMEROUN


Première démonstration du partenariat

Le 08 Octobre 2011, Paul Biya pose la première pierre pour le port de Kribi, à ses côtés, l’ambassadeur de la Chine. Nous sommes la veille de l’élection présidentielle. Voila un extrait de son discours à la cérémonie:
”Un pays émergent, qu’est-ce que c’est? Pour moi, c’est un pays où les institutions démocratiques ne peuvent être remises en cause, c’est un pays où l’économie sort de son cadre pour s’inscrire dans la globalisation, c’est un pays où la pauvreté régresse, c’est un pays où règnent la stabilité et la paix, c’est un pays prospère, en un mot, c’est un pays heureux. … C’est là toute mon ambition pour le Cameroun. Cette étape marquait donc le début d’une coopération équitable avec un nouveau partenaire dans l’optique de diversification. C’est ainsi qu’aux sorties du congrès du RDPC, il dira: ”La Chine n’arrache rien à personne”. A partir de 2012, le Cameroun deviendra un immense chantier infrastructurel devant soutenir la création de l’emploi : barrages, autoroutes, ponts, adductions d’eau, infrastructures sportives, etc. Revenons en 2011. GDF Gaz de France et la SNH signent une série d’accords sur l’exploitation des ressources camerounaises en gaz naturel, le projet selon les documents de GDF pourrait être l’investissement privé le plus important du Cameroun, susceptible d’offrir au pays une source de revenus stables pour plusieurs décennies. 500 milliards de mètres cubes ce qui pourrait en faire un acteur important du marché international du gaz. C’était sans ignorer ce qui s’était dit à Pékin puisqu’un mois après le retour du président Biya de Chine, la CIC, tout puissant fonds souverain chinois racheté GDF EXPLORATION.

La même période, toujours en 2011, la société chinoise Yan Chang Logone Development Holding Company Limited, découvre d’énormes gisements de pétrole dans la région de l’Extrême-nord. C’est un partenariat gagnant-gagnant.
Le 23 Juillet 2013, voila le communiqué du PDG de Geovic, multinationale américaine sur le plus gros projet minier du Cameroun, la Nkamouna, 50% de réserve mondiale : « Cet accord définitif représente un progrès significatif sur le chemin de l’exploitation du projet de Nkamouna. Le développement du projet devrait commencer dés que les financements seront disponibles et permettra de créer l’emploi et de diversifier l’économie camerounaise.»
Le Cameroun et la Chine venaient de remporter une longue bataille pour arracher des spéculateurs un projet qui sera déterminant pour la prospérité du pays, comme l’a mentionné le PDG américain.

Fin 2013, EDF signe un accord avec l’Etat du Cameroun, Rio Tinto Alcan et la SFI pour la construction d’un barrage hydroélectrique (Nachtigal, non loin de Yaoundé) dont le coût est estimé à 800 M USD. EDF exploitera à terme le barrage dont l’électricité serait principalement vendue à l’aluminerie. En Clair, l’Etat du Cameroun va s’endetter et investir dans ce projet qui sera géré par la France et alimenter ALUCAM, un des symboles du pillage de nos ressources qui a lui seul consomme pres de 55% de notre production électrique.

Ainsi donc, le 08 Octobre 2014, Rio Tinto aujourd’hui sous pavillon chinois, va décider de quitter le capital d’Alucam abandonnant au passage la France AFD, comme actionnaire majoritaire. Le 10 Juillet 2015, le premier ministre Yang Philemon lançait un appel d’offres pour les entreprises chinoises qui veulent réaliser le programme d’infrastructures relatives à l’exploitation du fer de Mbalam, quatrième réserve mondiale de fer. La Chine doit financer, depuis la ligne de chemin de fer jusqu’au terminal minier du port de Kribi, 8 milliards de dollars d’investissement.

LA RUPTURE

Le 25 Juin 2013, la BEAC suspend le stockage d’or du Cameroun de ses coffres. En effet, dans le but de contourner le trésor français afin de se constituer un stock de réserves en or. Le gouvernement avait décidé non plus de les conserver au trésor français, mais dans les coffres de la BEAC. La France usera de son droit de veto pour suspendre l’opération. Malgré cela, c’est au trésor de Yaoundé que tout se fera désormais.

  Toujours en 2013, à l’issue d’un autre bras de fer avec la multinationale américaine Héraclès, l’entreprise sera contrainte à investir 100 milliards FCFA durant la période transitoire qui est de 3 ans pour garder ces concessions. Du jamais vu dans les contrats agricoles qui généralement, sont des contrats de 50-99-100 ans. Pour preuve, ce même Héraclès a raflé les contrats de 99 en Ethiopie au Malawi et ailleurs. Ainsi donc à travers ces actes, le Cameroun affirmait son autonomie et sa souveraineté. Le 11 Mars 2015, Orange Cameroun croyait rêver lorsque malgré l’intervention du Quay D’Orsay, elle a été contrainte par l’Etat du Cameroun à payer 75 milliards de FCFA contre 9 milliards en 2005. Face à ces enjeux, un chaos contrôle sera installé à nos frontières. D’abord en Centrafrique, ensuite au nord du Nigeria pour anticiper sur une éventuelle opération de déstabilisation venue de Centrafrique, dans le cadre de la MISCA. Le Cameroun va obtenir que les forces africaines soient sous la supervision du Général Camerounais Martin Tumenta. Le 17 Mai 2014, le président Paul Biya déclare la guerre à la secte terroriste Boko Haram après de nombreux enlèvements et agressions sur notre sol. A la question de savoir qui veut déstabiliser le Cameroun, il faut se demander à qui profite ce désordre?

Les régions de l’Est et de l’extrême-nord 

En 2013, le gouvernement français demande à installer une base militaire à l’Est Cameroun. Quelles pouvaient en être les raisons, dans tous les cas, Yaoundé va s’y opposer.

La région de l’Est c’est :

• Les réserves immenses de Bois ;
• 50% de réserve mondiale de cobalt ;
• 4 eme réserve mondiale de Fer ;
• L’Uranium ;
• De l’or, du diamant, et de la bauxite dont l’exploitation va faire du Cameroun le premier producteur en Afrique avec les gisements tels Foumban, Banguem, Fongo Tongo, Akonolinga, Ngaoundal et de Minim Martap ;

• 420 millions de carats pour un gisement de niveau mondial et sa partie conglomératique encore non évaluée mais qui est jugée plus importante que la partie alluvionnaire dont le potentiel total n’est estimé qu’à 230 000 carats de diamants, selon les experts, ça c’est entre autres la richesse de la région de l’Est où la France a voulu installer une base militaire il y a deux ans.

Le grand nord

• De l’uranium de Poli à la Bauxite de Ngaoundal, sans compter d’importants gisements de pétrole à l’extrême-nord, les enjeux étaient très énormes pour que le Cameroun puisse subir le scenario ivoirien à savoir la partition du pays à partir de l’Est avec Seleka, et dans le nord avec Boko Haram.

LA STRATEGIE DU CAMEROUN

Lorsque le chef de l’Etat déploie l’arsenal militaire dans la région du nord et de l’est, le Cameroun peut compter cette fois sur le partenaire stratégique et pas de moindre, la Chine. En plus du système de vidéo surveillance de nos frontières installé par la Chine, la quasi-totalité de l’arsenal militaire pour l’armée de terre contre la secte sera chinois. Alors que l’agression est de plus en plus rude et qu’on nous annonce l’entrée en jeu des barbouzes français et Touaregs, n’ayant pas d’autorisation de poursuite en sol nigérian, le Cameroun va tendre la main au Tchad voisin déjà présent au Nigeria, notamment à Baga dans le cadre de la mission du CBLT. L’entrée en scène du Tchad va constituer une offensive contre la secte qui jusqu’ici était maître du jeu. Pour passer au stade d’éradication de cette secte, la Russie va faire jouer son partenariat stratégique militaire avec le Cameroun. Trois Antonov, avions cargo militaires russes vont stationner à l’aéroport international de Nsimalen. Tout le Cameroun sera mobilisé pour porter un coup de grâce à nos vaillants soldats engagés au front. Lorsqu’il y a quelques jours, le Colonel Badjeck déclare : ”La guerre va se gagner à 70% sur le champ de la communication et 30 % sur le terrain de guerre, il est claire que la confrontation militaire a viré au profit du Cameroun. Le 03 Juin 2015, en présence du président Hollande, Paul Biya fera un discours d’Indépendance. Un message diplomatique sera transmis à l’occident à travers Hollande, comme pour dire: « la relation de tutelle c’est terminé ».

Si le Cameroun travail depuis un moment pour quitter le FCFA, ce depuis que la BCE a demande à la France de transférer nos comptes d’opérations du trésor français à Bruxelles, il est clair que le vrai combat se fera en interne, contre les forces endogènes. Aujourd’hui, plus que jamais, ils sont décidés pour nous nuire, ne pouvant pas nous stopper dans notre trajectoire, ils veulent installer un chaos, et l’échéance c’est 2018. Était-ce un hasard lorsque Tabo Mbeki, invité d’honneur de l’Union Panafricaine des Avocats (UPA) va effectuer un déplacement pour le Cameroun afin de remettre au président Paul Biya le Prix UA des Avocats pour la résolution pacifique des conflits en Afrique?

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