POLITIQUE

Libération de Maurice Kamto : le grand pas vers la cohésion nationale

La décision du chef de l’Etat Paul Biya d’arrêter les poursuites judiciaires contre  Maurice Kamto est un tournant pour la vie sociopolitique du Cameroun.  Mieux encore, elle augure de belles éclaircies sur le ciel de l’avenir du Cameroun.

L’annonce du président Paul Biya était intervenue quelques heures après la clôture du Grand Dialogue National convoqué pour tenter de mettre fin au conflit séparatiste qui enraye la stabilité dans les Régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. La veille, le président avait déjà annoncé la fin des poursuites et la libération de 333 personnes arrêtées dans le cadre de cette crise.

Maurice Kamto, le président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun, a été libéré à la suite de la demande du président Paul Biya d’interrompre les poursuites contre des membres du MRC qui devaient être jugés par le tribunal militaire de Yaoundé, à la suite des violences post électorale de la dernière présidentielle.

Décision présidentielle

Au total, 103 personnes ont été relaxées le samedi 5 octobre 2019.

J’ai décidé de l’arrêt des poursuites judiciaires contre certains responsables et militants de partis politiques, notamment du MRC, arrêtés et détenus pour des faits commis dans le cadre de la contestation des résultats de la récente élection présidentielle », a écrit le chef de l’État camerounais, dans un court communiqué.

Parmi les prisonniers qui ont recouvré la liberté, Michèle Ndoki, Alain Fogué, Christian Penda Ekoka, Gaston Abe Abe, dit Valsero,  Paul Eric Kingue ou encore Albert Dzongang, Célestin Djamen, des cadres du MRC proches de Maurice Kamto. Les sympathisants politiques, familles et autres amis étaient présents lors de leur libération.

Mamadou Mota, précédemment condamné à deux ans de prison pour son implication dans la mutinerie de Kondengui, est en revanche le seul à ne pas avoir été remis en liberté.

Enjeux

Les enjeux de cet acte oscillent autour de la motivation du chef de l’Etat qui est aussi celle des camerounais qui se sont rassemblés au palais des Congrès de Yaoundé : ramener la paix et la cohésion sociale au Cameroun.

C’était un positionnement stratégique qui mettait aux prises plusieurs acteurs. Des membres de la classe politique nationale qui appelaient  une autre gestion du cas Kamto. Des militants pro MRC mettaient en avant les questions de Démocratie, alors d’autres partis politiques trouvaient que sa condamnation ne ferai qu’accentuer le climat social suffisamment tendu.

Plusieurs acteurs internationaux auraient aussi souvent lancé des appels  libération du président Biya. Quelque organisation humanitaire craignait « que la situation sociale ne s’envenime ».

C’est aussi que, l’un des effets pervers de la détention de Maurice Kamto et des membres de son parti a trait à l’ethnicisation de la chose politique. En les sympathisants de Maurice Kamto, l’on reconnaitrait une certaine appartenance tribale, différente de celle du Chef de l’Etat, du moins selon leurs origines respectives. Une situation qui a été l’apanage des tensions entre lesdites ethnies.

Il s’est quelques fois agi d’une guerre d’influence. Les actes posés  en Suisse ou en Afrique du Sud, par des ressortissants camerounais vivant à l’étranger, les actions et autres messages diffusés via les réseaux et médias sociaux, n’étaient pas de nature à apaiser la situation. Mais malgré ces tensions, il fallait ramener la paix dans la maison Cameroun. Et qui de mieux que le père de la Nation pour le faire. Déjà le timing est tout choisi. A l’heure où est lu le message du chef de l’Etat  la radio, le peuple camerounais se réjouit encore des propositions de résolution énoncées en clôture des travaux du GDN. L’annonce parvient ainsi comme une cérise sur le gâteau.

En cet acte présidentiel le patron d’Etoudi se prononce définitivement pour la paix dans le pays, mais surtout pour le renforcement du vivre ensemble entre camerounais.

Pardonner et avancer… ensemble

Il est vrai que lors de sa campagne présidentielle, Paul Biya a fixé des objectifs pour l’émergence de son pays. Il l’est aussi qu’au sortir de l’élection présidentielle du 7 octobre 2019, le conseil constitutionnel a déclaré le candidat Paul Biya, vainqueur de la présidentielle. De la conférence de presse donnée par Maurice Kamto pour s’autoproclamer vainqueur de l’élection, aux marches dites « blanches », interdites par les autorités, mais tout de même exécutées par le leader du MRC et ses sympathisants, plusieurs actes posés se sont voulus anticonstitutionnels. Ces camerounais avaient alors notamment été arrêtés pour violation des interdictions de manifestation ou encore insurrection.

Pourtant de cette situation qui a plongé le Cameroun dans un imbroglio  échelle nationale, la décision de libérer les détenus en attente de jugement s’assimile  une éclaircie. D’autant que le pays est plongé depuis bientôt trois ans dans une crise séparatiste qui met  mal l’équilibre du Cameroun. Alors que le procès était attendu mardi, la décision du  président de la République s’assimile au pardon. Tel celui qu’on octroie  un frère ou  un fils.

Il s’agit surtout de rassembler les énergies pour combattre, cette crise qui menace le pays, afin d’entrevoir un meilleur avenir, commun.

Laisser un commentaire

S'il vous plaît, attendez...

Abonnez-vous à notre newsletter

Voulez-vous être averti lorsque nos magazines sont publiés? Entrez votre adresse e-mail et nom ci-dessous pour être le premier à savoir.
%d blogueurs aiment cette page :