POLITIQUE

Lutte contre le terrorisme : La police camerounaise quadrille le territoire

La police, véritable cheville ouvrière de la Sûreté nationale, a pour mission fondamentale d’assurer la paix et l’ordre public, la protection des populations, des institutions et de leurs biens. Bien avant l’avènement du terrorisme dans notre pays, la police a eu à faire face à la criminalité et au grand banditisme.

La pression permanente exercée sur les milieux criminogènes a confiné ces fléaux dans des proportions qui permettent aux populations de vaquer à leurs occupations et au Gouvernement de promouvoir le développement socio-économique et culturel de la nation. Une fois la guerre déclarée à Boko haram par le Chef de l’Etat, toutes les forces de sécurité et de défense ont été mises à contribution.

L’action de la police nationale, dans le cadre de la guerre symétrique contre Boko haram aura essentiellement consisté, outre le déploiement du Groupement Spécial d’Opérations (GSO), au renforcement de la synergie d’action avec les autres forces de sécurité et de défense, singulièrement, le Secrétariat d’Etat à la Défense chargé de la Gendarmerie, par le lancement d’opérations spéciales combinées, le développement et la consolidation de la fonction d’une intelligence antiterroriste à travers l’échange de renseignements et d’informations criminelles (Direction des Renseignements Généraux, Direction de la Surveillance du Territoire). Après avoir réussi à sanctuariser le territoire camerounais face aux attaques militaires de Boko Haram, l’armée et les forces de sécurité sont désormais confrontées à une menace d’une autre nature. Les combattants de la secte islamiste privilégient désormais les actions de type asymétrique, notamment les attentats-suicides. Durant le dernier semestre 2015, le    Cameroun a subi une vingtaine d’attentats qui ont causé une centaine de morts. A ce changement du modus opérandi de Boko Haram, il a fallu opposer une réponse adaptée qui consacre une attention particulière à la communauté musulmane, aux enfants et aux ressortissants étrangers et qui nécessite de s’appuyer sur les populations locales. En raison de cette mutation dans la stratégie de l’ennemi, la police camerounaise s’est réorganisée et a adopté un certain nombre de mesures. Lesdites mesures sont de 3 ordres.

RESTRUCTURATION ET REDEPLOIEMENT DES FORCES

Le  dispositif sécuritaire mis en place pour intervenir et collecter du renseignement a été renforcé. A titre d’illustration, 25 nouveaux postes-frontières ont été créés dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord, de l’Adamaoua et de l’Est pour mieux maîtriser et contrôler les flux migratoires dans ces localités. Sur le terrain, l’action de l’unité des Equipes Spéciales d’Intervention Rapide (ESIR) de la ville de Maroua a été renforcée en hommes et en matériel. Une autre unité des ESIR est sur pied dans l’Extrême-Nord, à Kousseri dans le département du Logone et Chari. Dans la région de l’Est, Martin Mbarga Nguele, Délégué Général à la Sûreté Nationale (DGSN), a ordonné le déploiement depuis janvier 2015, d’un détachement du Commandement central des groupements mobiles d’intervention (CCGMI). Leur déploiement à Bertoua, Kenzou et Garoua-Boulaï, a été d’une importance capitale. Comme le reconnaît ADAMOU ALIOUM, Délégué régional de la Sûreté nationale de l’Est : «l’apport du CCGMI a été considérable pour maîtriser la circulation des populations et des fugitifs. Le fait que les unités de police soient déployées dans des petites communes comme Betaré Oya a, de ce fait, rassuré les exploitants miniers qui vaquent désormais à leurs occupations sans crainte».

En outre, ces unités spéciales ont permis de stabiliser le volet sécuritaire, ce qui a contribué à un accroissement des ressources douanières à Garoua-Boulaï notamment.

CONTROLE ET SURVEILLANCE

Aux fins de renforcer le contrôle et la surveillance du territoire, de nombreuses mesures ont été prises, certaines concernant uniquement la Région de l’Extrême-Nord, et d’autres d’application plus large.

En ce qui concerne le Grand-Nord, il s’agit de : l’interdiction des regroupements et la fermeture des débits de boisson après 18h, le renforcement des effectifs, l’interdiction de la vente à la sauvette, la restriction de la circulation des véhicules à deux roues, et l’interdiction du port du voile intégral. Les mesures de portée plus large sont relatives à : la multiplication des contrôles et des fouilles, le renforcement des contrôles sur les axes routiers, le contrôle des enfants, et la surveillance des mosquées.

Toutes ces mesures ont permis de renforcer la sécurité, notamment dans le Nord du pays, avec l’appui des comités de vigilance.

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