CULTURE HOMMAGE

Manu Dibango . BALADE EN SAXO

Manu abandonne les classes et se lance à l’école de la musique. Il enchaîne les orchestres et les tournées, il se trouve un rythme et puis se lance dans une carrière solo.  

Nous sommes dans les années 1950, alors étudiant en France, Manu découvre le Jazz. Il joue à la mandoline, au piano avant de découvrir le saxophone. Un saxophone emprunté par son ami Moyébé Ndédi. Avec Francis Bebey, ils forment un groupe de musique. Ce dernier lui apprend les bases du jazz et ensemble forment un groupe de musique. A cette époque, la musique n’est que distraction pour lui. Il réussi la première partie de son Baccalauréat philo. L’année qui suit, il s’applique au saxophone. Durant ses weekends il joue dans des boites de nuit et échoue la deuxième partie de son Baccalauréat. Mécontent, son père lui coupe les vivres.

En fin 56, il emporte son saxo en Belgique. Il enchaine les boites de nuits, les cabarets et les clubs privés. C’est à cette époque que Manu se marie vraiment au saxo et à Marie-Josée dite Coco artiste peintre et mannequin. Son Jazz s’africanise au contact du milieu congolais. Chef d’orchestre dans la boîte bruxelloise les Anges Noirs, boite que fréquentent à cette époque les politiciens et intellectuels zaïrois en pleine négociation pour l’indépendance du Congo belge.

Séduit par son talent, le Grand Kalle l’engage comme chef d’orchestre et ensemble ils enregistrent plusieurs disques qui résonnent favorablement en Afrique notamment Indépendance Cha Cha. Ce succes les projette au Zaire pour une tournée, en aout 1961. Le couple Dibango prend parallèlement en gérance l’Afro-Negro à Léopoldville, où Manu lance le twist en 1962 avec le titre Twist A Léo. En 1963, à la demande de son père, il ouvre son propre club au Cameroun, le Tam Tam, qui se révèle un échec financier à cause du couvre-feu imposé pendant la guerre civile si bien qu’il repart en Europe.

Manu Dibango reprend tout à zéro. Après un séjour au casino de Saint-Cast en Bretagne, fin 65, il revient à Paris et se met à courir les cachets. Il est d’abord embauché dans l’orchestre de Dick Rivers, grande vedette des années 60, puis dans celui de Nino Ferrer où il joue de l’orgue Hammond. Quand Nino Ferrer s’aperçoit que c’est un excellent saxophoniste, il l’emploie comme tel et lui donne même la direction de l’orchestre. Les tournées se succèdent et Manu retrouve un peu de sa superbe musicale.

En 1969, âgé de 36 ans, il sort son premier album Saxy Party. Un album teinté de jazz, soul, rumba congolais et makossa. Aujourd’hui, Manu a 85 ans et chaque album, chaque concert, est une saxy party, une belle partie de saxophone.

FADEL MOHAMED

Laisser un commentaire

S'il vous plaît, attendez...

Abonnez-vous à notre newsletter

Voulez-vous être averti lorsque nos magazines sont publiés? Entrez votre adresse e-mail et nom ci-dessous pour être le premier à savoir.
%d blogueurs aiment cette page :