POLITIQUE

Militantisme et gouvernance : Jeunesse et implication dans le jeu politique

La jeunesse camerounaise se caractérise par un dynamisme imposant reconnu à l’international à travers son sens aigu du patriotisme, son esprit de créativité dans multiples domaines de la science, des arts, des sports et de la culture… Cette jeunesse qui est constamment magnifiée par le Président Paul Biya dans ses discours à la nation, demeure aussi une composante sociétale majeure qui doit jouer un rôle primordial dans le jeu politique national, notamment à travers la place et les différents jeux de rôles actifs et passifs qu’elle peut jouer dans la vie partisane et dans l’organisation et la gestion des affaires de la cité.

Le Cameroun compte plus de 23 millions d’habitants en 2016. Les jeunes en constituent la grande majorité et 60 % d’entre eux ont moins de 25 ans.

Il s’agit d’une jeunesse à laquelle le Chef de l’Etat affirme régulièrement son soutien et qu’il invite à bien se former, car elle incarne la relève de la nation.

Le jeu politique au Cameroun se caractérise depuis l’ouverture à l’offre politique concurrentielle en 1990, par un dynamisme étincelant. 3 éléments permettent de l’affirmer. D’abord, la présence de plus de 300 partis politiques dans l’arène politique nationale, ensuite, une floraison de médias, où Camerounais de tous les champs sociaux débattent librement des sujets marquant de la vie nationale et internationale ; enfin, l’existence d’une société civile qui tente lentement mais sûrement d’assumer son rôle de contre-pouvoir.

Dans les partis politiques, les jeunes Camerounais ne sont ni des privilégiés ni des déchus. Le fait que certaines règles de promotion de  la mobilité des jeunes ne soient pas respectées, conduit ces derniers à s’insurger contre les logiques de cooptation et de clientélisme dominant l’évolution des militants dans les sphères dirigeantes des partis. En effet, dans le cadre du Rdpc par exemple, les textes du parti prévoient que 30% de jeunes soient représentés aux postes de responsabilité.

A l’analyse, l’on pense alors que la place qu’ils occupent au sein desdits partis obéit à la dialectique de l’inclusion et de l’exclusion.

Implication dans la vie partisane : la dialectique de l’inclusion et de l’exclusion

Par inclusion, l’on veut dire que l’immense majorité des partis politiques qui tente de séduire les électeurs se caractérise par une libre ouverture aux militants. Ici, tous les partis politiques existant disposent d’une section, cellule, mieux d’un organe réservé à l’adhésion des jeunes. Ces partis politiques ont aussi dans le cadre de leur projet de société, un chapitre ou une section réservé au solutionnement des problèmes de la jeunesse. Cette couche sensible de l’électorat, de par sa puissance numérique imposante, est régulièrement  sollicitée par tous les partis en course pour la conquête du pouvoir politique. Les jeunes y adhèrent sans difficulté, et l’on ose croire qu’ils sont socialisés à l’idéologie du parti.

Que ce soient les partis représentés à l’Assemblée Nationale [Rassemblement démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), Social Democratic Front (SDF), Union des Populations du Cameroun (UPC), Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP), Mouvement pour la Renaissance du Cameroun(MRC)…], ou alors les partis extraparlementaires, les jeunes sont invités à adhérer librement. L’inclusion signifie qu’en tant que militants de base, ils ont leur place. Au sein des structures ou organes en charge des jeunes du parti, leur place est assurée, du moins dans l’occupation de tous les postes, exceptés ceux qui concernent la hiérarchie de cette structure, car les combats demeurent féroces et la logique de l’exclusion commence à s’exprimer.

Par exclusion des jeunes dans la vie partisane au Cameroun, l’on veut démontrer que la possession des postes de pouvoir dans la hiérarchie du parti, mieux la mobilité ascendante des jeunes au sein de ces partis reste fortement cadenassée. Il en est de même de la recevabilité de certaines de leurs idées, surtout lorsqu’elles sont jugées réformistes. En effet, l’observation des partis politiques au Cameroun rassure sur une unique réalité : la possession d’importants postes de pouvoir au sein des formations politiques par des « aînés sociaux » dont l’âge est compris entre 55 et 90 ans. Cette réalité est perceptible dans presque tous les partis politiques de la première heure de la démocratie, qu’ils soient du pouvoir ou de l’opposition.

Ainsi, les organes constituant les hiérarchies des partis politiques camerounais, comité exécutif ( pour le SDF), comité régional (pour l’UDC), section (pour RDPC, UPC, UNDP…), comité central, bureau politique, National Exécutive Comity (pour le SDF), ou tout autre appellation qu’on leur donne sont caractérisés par la discrimination des jeunes quel que soit leur engagement et militantisme. L’âge minimal pour y accéder se situe dans l’intervalle 45-50 ans. Le regretté Charles Ateba Eyene (membre du Comité Central du RDPC) s’insurgeait, de son vivant contre cette exclusion et sollicitait plus de places pour les jeunes dans les organes décisionnels du parti. Cette discrimination n’est nullement l’apanage du RDPC. Même les partis de l’opposition participent à cette exclusion.

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