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« Ô Cameroun, berceau de nos ancêtres… », more than an anthem !

Il est le chant de ralliement. Celui qui interpelle tous les camerounais, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. L’hymne national du Cameroun est un emblème fort évocateur, porteur d’une histoire, qu’HAR vous propose de redécouvrir comme jamais.   

24 vers, 12 rimes croisées, 4 strophes, 2 quatrains, 2 textes rédigés en 2 langues pour un seul hymne. L’hymne est celui du Cameroun. Depuis des décennies, il fait la fierté de l’Etat et est repris en chœur par les personnes physiques et morales camerounaises. C’est que, ce chant et ce texte sont une histoire, qui porte l’identité de la Contrée.

   « Le Chant de ralliement »

L’histoire débute par un devoir de classe. Un exercice transmis à des étudiants dans une administration marquée par le mandat franco-britannique. Nous sommes en 1928. A l’école normale de Foulasi (une localité dans le département du Dja-et-Lobo et la Région du Sud dans la commune de Sangmélima.), la première promotion s’apprête à brandir ses parchemins. En guise de bonus, il est demandé aux élèves, un texte pour :

Exprimer leur espoir en l’avenir du Cameroun ».

Dans cette promotion, l’on retrouvait… 1- Angounou Ntyam André, 2- Beau Ngouah David, 3- Bopelet René, 4- Bougha Bouguen Alex, 5- Efanden Bekoe, 6- Etame Charles, 7- Foh Elom Joseph, 8- Handy Matoi Joseph, 9- Jam Afane René, 10- Malonga Samuel, 11- Mayadi Henri, 12- Mbida Jacob, 13- Minkio mi Bamba Samuel, 14- Missengue Adrien, 15- Monezo’o Aka’a, 16- Mpile Mpfoum Louis, 17- Ndongo Nzie Alexis, 18- Nkomo Banga Michel, 19- Nkumu Meru’u Ernest, 20- Nyate Nko’o Moïse, 21- Obam Bitom Philippe, 22- Obam Engozo’o Engelbert, 23- Pouasset Nzouango Lionel, 24- She Onana Paul, 25- Tchega Mbogol Joseph, 26- Tsaga Gigui Bikanda M, 27- Yogo Yogo Roger, 28- Ndongo Minko Laurent, 29- Tegal Ngobol Joseph.

L’exercice est âprement disputé. Au dépouillage des propositions, le texte de Réné Jam Afana retient l’attention. L’engouement est tel qu’il ouvre la voie à des propositions musicales. Parmi les prétendantes, la composition de Samuel Minkyo Bamba sera retenue. Elle s’accorde harmonieusement avec les paroles et gagne rapidement l’opinion publique nationale. Le chant est baptisé « Chant de Ralliement ».  Dans les années 1950, l’air est repris dans les ménages, alors qu’il n’a encore aucune valeur légale. Le premier ministre André Marie Mbida qui représentait le gouvernement camerounais avait déposé un projet loi au bureau de l’Alcam pour la création de l’hymne officiel de l’Etat sous tutelle du Cameroun. C’est ainsi que le projet est envoyé à la commission des affaires administratives le 15 octobre 1957, pour un examen de fond. Le chant est adopté par l’Assemblée Législative du Cameroun (Alcam) en 1957.  Il devient l’hymne national du Cameroun sous-tutelle française.

A l’indépendance, l’acte est réédité par le Conseil constitutionnel qui agissait à titre consultatif.  1960, marque l’année où la composition est désormais dénommée Hymne national de l’Etat du Cameroun indépendant. L’Hymne s’accorde avec l’histoire de son pays. En 1961, après la Réunification du Cameroun, une version anglaise émerge. Elle est écrite par le littéraire Bernard Fonlon.

Les dates historiques suivantes de l’Etat du Cameroun, n’auront que proue d’incidence sur la chanson. Pourtant, en 1970, l’hymne subit un amendement dans sa version française. Les mots « barbarie » et « sauvagerie » sont remplacés. Durant cette période, la version anglaise de Bernard Fonlon, reçoit l’assentiment populaire. Introduite aux affaires de l’Assemblée nationale, elle sera adoptée en 1978. Les chants en français et en anglais sont encore en vigueur au Cameroun à nos jours.

Plus qu’un hymne

L’Hymne du Cameroun est un air. Une composition qui date des années 1930. S’il peut être relativement considéré comme récent, il n’en est moins une vitrine de l’histoire et des valeurs de notre pays. De ce que l’on s’en rappelle, cette double composition est le résultat du génie créateur des camerounais. La preuve vivante que le pays regorge de talents. De la plume à la mélodie, le chant consacre le bonheur, la fierté d’être camerounais et des richesses qu’ils procurent. Des l’anglais au français, l’exergue est mise sur une Terre, glorieuse, riche, belle, pleine de promesses. Les promesses font briller les yeux des patriotes camerounais, à l’écoute de l’œuvre. L’espoir d’un avenir à la hauteur si ce n’est meilleur que l’expectative de ses pères. Ces pères qui reposent dans la Terre du Cameroun, la Terre de leurs ancêtres, la Terre qu’ils veulent meilleurs pour leurs fils. La Patrie.

Cela ne devrait pas être un mythe, de s’arrêter à chaque fois que l’on entend cet air. Plutôt une réalité implémentée dans les lieux publics, plus encore -pourquoi pas- en privé. Qui plus est l’hymne est chanté en différentes langues nationales à l’instar du Bulu, du Bassa, du Douala, du Dschang, du Mendumba, du Fufuldé, de l’Ewondo, du Bafut…

L’Hymne national transmet des valeurs de persévérance, de travail, d’abnégation, de fierté, de respect, d’acceptation de la différence, mais surtout d’Amour. Il invite à rendre à la Terre ce qu’elle nous a donné et à se souvenir de nos sources. Il est la preuve d’un Cameroun qui se doit de regarder dans la même direction ; la force probante des talents d’anglophones et francophones, unis pour servir une même contrée, le Cameroun.

Version Anglaise Version Française  
Cameroon, Thou Cradle of our Fathers,

Holy Shrine where in our midst they now repose,

Their tears and blood and sweat thy soil did water,

On thy hills and valleys once their tillage rose.

Dear Fatherland, thy worth no tongue can tell!

How can we ever pay thy due?

Thy welfare we will win in toil and love and peace,

Will be to thy name ever true!

Chorus:

Land of Promise, land of Glory!

Thou, of life and joy, our only store!

Thine be honour, thine devotion,

And deep endearment, for evermore.

From Shari, from where the Mungo meanders

From along the banks of lowly Boumba Stream,

Muster thy sons in union close around thee,

Mighty as the Buea Mountain be their team;

Instil in them the love of gentle ways,

Regret for errors of the past;

Foster, for Mother Africa, a loyalty

That true shall remain to the last.

Chorus

 

Ô Cameroun, berceau de nos ancêtres,
Autrefois, tu vécus dans la barbarie.
Comme un soleil, tu commences à paraître,
Peu à peu tu sors de ta sauvagerie.
Que tous tes enfants, du Nord au Sud,
De l’Est à l’Ouest soient tout amour.
Te servir que ce soit leur seul but,
Pour remplir leur devoir toujours.

Refrain :

Chère Patrie, terre chérie,
Tu es notre unique et vrai bonheur.
Notre joie et notre vie
A toi l’amour et le grand honneur.

 

Paroles de 1970

 

Ô Cameroun , berceau de nos ancêtres,
Va debout et jaloux de ta liberté.
Comme un soleil ton drapeau fier doit être
Un symbole ardent de foi et d’unité.
Que tous tes enfants du nord au sud,
de l’est à l’ouest soient tout amour,
Te servir que ce soit leur seul but,
Pour remplir leur devoir toujours.

Refrain :
Chère patrie, terre chérie,
Tu es notre seul et vrai bonheur,
notre joie et notre vie,
A toi l’amour et le grand honneur

Tu es la tombe où dorment nos pères,
Le jardin que nos aïeux ont cultivé.
Nous travaillons pour te rendre prospère.
Un beau jour enfin nous serons arrivés

De l’Afrique sois fidèle enfant,
Et progresse toujours en paix,
Espérant que tes jeunes enfants,
T’aimeront sans bornes à jamais.

Après 1970

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