- POLITIQUE SOCIETE

Paix au Cameroun

Dénominateur commun d’un peuple soudé ?

Comme plusieurs pays de la planète, le Cameroun a célébré le 22 septembre 2015, la Journée internationale consacrée à la paix. Valeur cardinale figurant dans sa devise, ce pays se présente comme un havre de paix et de stabilité en Afrique. Une qualité qui fait de lui un Etat respecté et surtout envié. Toutefois, avec la montée en puissance du terrorisme perpétré par la secte Boko Haram dans la partie septentrionale du pays, les Camerounais se sont organisés pour faire face à la menace.

Face à la montée des périls sur son sol, le Gouvernement camerounais a restructuré son armée et sensibilisé sa population. De fait, la culture de la paix est une réalité qui a des fondements solides et mérite d’être entretenue par les Camerounais afin que le pays relève les défis de l’émergence et du développement.

Le Cameroun fait actuellement face à 3 foyers de tension susceptibles de déstabiliser le pays. Le premier est celui de la Région de l’Extrême-Nord, avec les exactions du groupe terroriste Boko Haram. Le 2è est celui de l’Est, où de nombreux Centrafricains ont migré, en raison de la crise en RCA perpétrée par les groupes Séléka et Anti-Balaka qui ont mis ce pays « à feu et à sang ».

Le dernier foyer de tension est celui de la côte maritime camerounaise, où de temps à autre, les Bakassi Freedom Fighters et le Mouvement pour l’Emancipation du Delta du Niger, excellent dans la piraterie maritime.

Les solutions mises en œuvre par l’Etat du Cameroun pour préserver son intégrité territoriale et contenir tous ces foyers de tension, sont d’ordre militaire et social. Sur le plan militaire, le pays a procédé au recrutement et au renforcement des capacités de ses forces armées, à la reconfiguration du dispositif de son armée sur le terrain et au redéploiement des effectifs sur toute l’étendue du territoire national. Au terme des textes signés par le chef de l’Etat le 14 août 2014, le Cameroun est passé de 3 à 4 Régions Militaires Interarmées (RMIA). Grâce à l’éclatement de la Région Militaire Interarmées n° 3 en 2 nouvelles entités, la RMIA 4 a vu le jour et son poste de commandement établi à Maroua (Région de l’Extrême-Nord).

Sur le plan social, les populations ont été sensibilisées à l’effet d’être plus vigilantes et de contribuer au renseignement prévisionnel, ce qui porte des fruits sur le terrain. En outre, les diverses contributions en nature comme en espèces, distribuées aux populations victimes ou exposées aux exactions de Boko Haram, permettent de les réconforter et de les sensibiliser à ne pas céder aux sirènes de la déstabilisation, ni à un quelconque enrôlement dans la secte islamiste qui veut altérer les acquis du développement du Cameroun.

La paix, véritable matrice du progrès social au Cameroun

Le Cameroun reste un peuple attaché aux valeurs cardinales de la paix et de la stabilité. A l’analyse, 3 raisons permettent de justifier cet amour viscéral pour ces valeurs. Tout d’abord la situation des pays voisins ou non, lesquels ont souvent connu les méfaits des coups d’Etat, de la guerre civile, faisant peser sur ces derniers une lourde hypothèque quant à leur avenir et devenir. Ensuite, l’on peut évoquer, entre autres, les pertes en vies humaines et les déportations, restées gravées dans l’inconscient collectif des Camerounais suite au maquis et à la guerre d’indépendance. Enfin, le coup d’Etat manqué du 6 avril 1984 ; les années de braise de la décennie 1990 et les « émeutes de la faim » de 2008. Autant de circonstances qui ont cultivé et renforcé l’amour de la paix chez les Camerounais. Ils ont pu mesurer la fragilité, mais surtout la portée des valeurs cardinales de paix et de stabilité. Ils savent qu’aucun progrès social n’est possible sans la paix, et que les objectifs politiques des « Grandes réalisations », de mise en œuvre de la Vision 2035 et du DSCE du Cameroun, sont tout aussi tributaires de la paix que de la stabilité. Cette « conscience de la paix » est rendue manifeste par le comportement du peuple camerounais depuis le début de la guerre contre Boko Haram.

Ledit comportement s’est traduit par le renforcement de la relation armée-nation à travers le renseignement, les dénonciations, et des actes de bravoure individuelle parfois au prix du sacrifice suprême, qui permettent de sauver de nombreuses vies humaines. Le cas de l’inspecteur principal de police Elie LADE, qui a été, à titre posthume, élevé au titre d’officier de police et fait chevalier de l’ordre de la valeur au nom du chef de l’Etat, mérite d’être relevé. Elie LADE qui s’inscrira désormais au panthéon de la nation, à côté des noms d’autres martyrs, a entrepris, au péril de sa vie, de désarmer des kamikazes dont les bombes ont fait 5 morts dans les attentats de Mora, le 20 septembre 2015.

En outre, en terme de contribution à l’effort de guerre, de nombreux dons, en nature et en espèces, y compris de la diaspora, ont été collectés à destination des populations de l’Extrême-Nord et des forces de défense engagées dans les combats. Ces dons ont été évalués à plus d’un milliard de f CFA.

Fondements de la culture de la paix au Cameroun

La culture de la paix est une réalité vivante au Cameroun. Ses fondements sont entre autres, la nature du peuple camerounais, le leadership de son Président, ainsi que les avancées de la démocratie.

Le peuple camerounais n’est pas belliqueux. Il a une aversion innée des conflits et de tout ce qui s’y apparente, sauf en ce qui concerne la protection de son intégrité territoriale. Depuis son indépendance en 1960, il a toujours privilégié la voie pacifique comme mode de résolution des conflits. La résolution du différend frontalier entre le Cameroun et le Nigeria sur la presqu’île de Bakassi, qui fait désormais cas d’école, le témoigne à suffisance. Les Camerounais sont un peuple patient qui, après des années de souffrance et d’endurance causées par la crise économique, attend que la reprise de la croissance se traduise par une embellie dans le panier de la ménagère. Les Camerounais sont un peuple travailleur qui mise sur la valeur «travail», pour cimenter la paix et l’unité nationale. La diversité de leur production agricole comprend des cultures vivrières et de rente (banane, coton, cacao, café, thé, canne à sucre, le caoutchouc…) autant de niches de croissance à développer, au même titre que l’avantage comparatif qu’offrent la partie septentrionale et le Nord-Ouest du pays pour l’élevage bovin en particulier.

La culture de la paix au Cameroun tient aussi du leadership de son chef d’Etat. Depuis son accession au pouvoir en 1982, le Président Paul Biya a perpétué l’œuvre de paix enclenchée par son prédécesseur. Il a toujours considéré qu’il n’y a pas de véritable développement sans paix, car si l’on n’est pas en paix avec ses voisins, avec soi même, on n’a pas la paix.

Les avancées démocratiques, les progrès significatifs dans le domaine des droits de l’homme, liberté d’expression… participent également de la stabilité du Cameroun. La Constitution de la République consacre les droits et libertés de chaque citoyen. La   Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés (CNDHL) du Cameroun a été mise en place pour assurer la protection et la régularité des droits des Camerounais, quelles que soient leurs appartenances sociale, culturelle et politique. Le Cameroun est l’un des rares pays d’Afrique disposant d’une presse dynamique et multiforme, qui ne connaît pas de sujets tabous. Les aspects éthiques de cette liberté de la presse sont gérés par un organisme de réglementation, le Conseil National de la Communication.

Ferments d’une conservation de la paix au Cameroun

La paix est un bien fragile et périssable dont la nécessité de sauvegarde s’impose avec acuité. La conservation de la paix et de la stabilité sociale au Cameroun, de même que leur pérennisation ou inscription dans la longue durée, sont tributaires de la réalisation par ce pays d’une bonne synthèse nationale. Elle est constituée de « la raison modernisatrice, la volonté mobilisatrice et la justice égalisatrice. »

Un bon équilibre entre ces 3 éléments est indispensable pour permettre au Cameroun de cheminer vers son émergence à l’horizon 2035.

Le Gouvernement camerounais se doit absolument de remporter la bataille amorcée contre toutes les formes d’injustices et d’exclusions sociales. De ce point de vue, un regard vigilant sur les recrutements dans les grandes écoles et facultés du pays permettrait certainement de renforcer l’équité et d’établir des règles de fonctionnement de ces Institutions sur des bases plus égalitaires. Le Gouvernement devrait renforcer l’accès des plus nécessiteux et du plus grand nombre au bénéfice des biens sociaux. Dans cette optique, le logement «social» reprendrait son sens d’antan et les logements de la Société Immobilière du Cameroun (SIC), seraient prioritairement accordés aux populations à faibles revenus, aux fonctionnaires et agents de l’Etat nouvellement engagés, comme ce fut le cas au début de cette belle initiative. Reste à souhaiter que les logements en projet dans le cadre du Plan d’urgence triennal, soient effectivement alloués aux fonctionnaires nouvellement affectés dans ces Régions.

En définitive, les vertus de la paix et les affres de la guerre doivent être connus de tous les Camerounais, afin que de génération en génération, le Cameroun ne succombe pas à la tentation de la déstabilisation qui ne concourt qu’au retard des civilisations et des peuples. En effet, la guerre fait reculer les Etats sur tous les plans : politique, économique, social.

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