SOCIETE

Sécurité sociale au Cameroun

Un secteur qui manque d’assurance

Selon l’Institut National de la Statistique, seulement 10% de la population active au Cameroun, est couverte par la sécurité sociale. Un chiffre qui inquiète, dans un environnement où les soins de santé ne sont pas toujours à la portée de toutes les bourses.

Le 13 août 2014, le Premier Ministre Philémon YANG a signé un décret consacrant l’entrée d’une 3è catégorie de Camerounais dans le régime général des assurés sociaux. Il s’agit de travailleurs jusque-là en marge des régimes en vigueur au Cameroun, en matière de sécurité sociale. C’est le cas des revendeuses, des vendeurs à la sauvette, les conducteurs de moto-taxi et autres travailleurs de l’informel. Ces personnes sont désignées par ce décret comme les « assurés volontaires ». En effet, l’extension de la sécurité sociale aux catégories socioprofessionnelles non encore couvertes reste l’un des objectifs prioritaires du Gouvernement. Le Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale, Grégoire OWONA a réaffirmé cette option de l’État en annonçant, la possibilité désormais ouverte de prendre en charge les assurés volontaires au régime d’assurance pension de vieillesse, d’invalidité et de décès.

Bien qu’ayant une visée salvatrice, le décret du Premier Ministre vient compléter un dispositif déjà peu fiable en matière de Sécurité sociale au Cameroun. Cette initiative est louable, mais reste insuffisante pour garantir des soins de qualité aux populations, puisque cet aspect de la vie humaine ne fait pas partie intégrante de notre législation en matière de sécurité sociale. Dès lors, des initiatives disparates sont mises sur pied, notamment la création des mutuelles de santé par le personnel au sein d’entreprises, et départements ministériels, à l’instar du Ministère du Travail et de la Sécurité Sociale, où la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) a été mise en place.

Mais, dans un contexte où le bien-être et la vie des malades sont souvent relégués au second plan, de telles initiatives ont une portée minimale. Or, si elle est bien structurée et bien gérée, la sécurité sociale favorise la productivité ; en assurant des soins de qualité, une sécurité au revenu, et des services sociaux.

Institution officielle pouvant regrouper plusieurs organismes de gestion dont le but est de protéger les citoyens contre les conséquences de situations qualifiées de risques sociaux et apportant des garanties minimales de prise en charge, la Sécurité Sociale est organisée en branches (maladie, accidents, famille, et vieillesse).

La Sécurité Sociale fait ses débuts au Cameroun dans les années 50. A cette période, elle garantit la prise en charge des risques sociaux des fonctionnaires coloniaux, avant d’être depuis le milieu des années 60 monitorée par la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS) sous la tutelle directe du Ministère du Travail et de la Sécurité Sociale.

En temps normal, la Sécurité Sociale comporte 4 principaux axes. Mais au Cameroun, la législation n’admet que 3, la CNPS assurant sa mise en application. Ainsi, elle regroupe : des prestations familiales (allocations familiales et de maternité…) de la couverture d’accident de travail et maladies professionnelles ; pour ceux dont la responsabilité du cadre professionnel a été clairement établie, et de la pension retraite.

Malheureusement, les soins de santé bien qu’étant l’aspect qui paraît essentiel, ne font pas partie de la législation camerounaise de sécurité sociale. Par ailleurs ces prestations, pour celles qui sont régulièrement appliquées, concernent uniquement les travailleurs inscrits et à jour dans leurs cotisations ; le régime camerounais de sécurité sociale ne couvrant pas les travailleurs indépendants qu’ils soient du secteur formel ou informel. Du reste, certaines statistiques révèlent que sur les 10% de travailleurs qui en bénéficient, 7% appartiennent au secteur public et 3% au secteur privé, ce qui laisse penser que l’univers de l’emploi au Cameroun est une jungle où les droits des travailleurs ne sont pas respectés. A ce titre, associée à une économie en expansion, la Sécurité Sociale est un instrument de développement économique et social durable. Lequel est essentiel à l’aube de l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035. Cependant, il reste encore à sensibiliser et éduquer les populations sur le bien fondé d’une couverture sociale.

Laisser un commentaire

S'il vous plaît, attendez...

Abonnez-vous à notre newsletter

Voulez-vous être averti lorsque nos magazines sont publiés? Entrez votre adresse e-mail et nom ci-dessous pour être le premier à savoir.
%d blogueurs aiment cette page :