CULTURE INTERNATIONAL

THOMAS SANKARA : PLUS QU’UNE RÉVOLUTION, UN ART…

Sankara

Passionné de musique dès  l’adolescence, Thomas Sankara ne lâche pas sa passion jusqu’à la présidence.

Sankara 

Les musiques ont toujours accompagné les révolutions et Sankara dans sa révolution en plus de son arme à feu, avait sa guitare qui l’accompagnait « …Je possède également trois guitares sèches. Je les cite parce que je leur attribue beaucoup de valeur. » Précise-t-il le 19 février devant la Commission du Peuple chargée de la Prévention contre la Corruption déclarant ses biens. Le 4 août 1983, le soir de son coup d’Etat, Sankara envoie chercher son ami Abdoulaye Cissé, musicien et animateur à la radio nationale. Il lui demande remplacer  les chansons qui endorment les gens par des chansons plus engagées parmi elles « Les Vautours », enregistrée en 1980 à Cotonou.

Plus de cent vautours ont plané dans la nuit
Et sur les arbres, autour du village 
Ils se sont perchés attendant le matin
Ils ont surpris toute la cité
Et ravagé tout sur le passage

Les Vautours, explique Cissé, « ce sont les colons qui sont venus s’accaparer les richesses de l’Afrique au prétexte soi-disant de nous civiliser. Ils nous ont rendu notre liberté mais à leur place, de nouveaux colons sont arrivés… la morale c’est que la vraie liberté, ce n’est pas celle qu’on nous a tendue de la main gauche pour nous la retirer de la main droite. La vraie liberté, on l’arrache.»

Son amour pour la musique, il l’a depuis son adolescence. « Quand il arrivait, j’allumais une guitare électrique pour lui. Mais dans le fond, je ne voulais pas l’apprendre parce que les parents n’aimaient pas que leurs enfants deviennent musiciens. Nous étions considérés comme des voyous. » Affirme Pascal Ouédraogo au journal LeFaso.net. Mais Sankara est dévoué et Pascal est surpris de  voir Sankara jouer à un bal de fin d’année de l’Ecole Normale, aujourd’hui lycée Bogodogo.

Sankara avant d’être président a crée un orchestre dénommé Missil Band, dans lequel il jouait. Une fois président, il confie la création de deux orchestres à deux musiciens connus de l’époque, Maurice Simporé et Abdoulaye Cissé et ne peut s’empêcher de les rejoindre à certaines répétitions.

Né le 21 décembre à Yako en Haute-Volta, Thomas Sankara est assassiné le 15 octobre 1987 à Ouagadougou. Une mort qui sonne comme une fausse note pour certains. Un Sankara ressuscité à travers musiques et concerts. De Cheick Lo à Samsk Le jah, de Tiken Jah Fakoly à Alpha Blondy. Sankara à travers la musique qu’il a tant aimée revit et, aujourd’hui, rien ne matérialise son amour pour la musique comme cette photo de lui assis en treillis béret rouge sur la tète, sa guitare entre ses bras.

Fadel Mohamed

 

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