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Toute la vérité sur le drame du Lycée Classique de Nkolbisson (Exclusif)

Il y’a 24 heures, un élève du lycée de Nkolbisson dans le 7 ème Arrondissement de Yaoundé, a poignardé à mort son enseignant de Mathématiques. Une épilogue pleine de péripéties, qui a ému les camerounais de tous bords. Que s’est-il réellement passé cet après-midi du 14 janvier 2020 ? HAR vous propose le vrai récit des événements.

 

Le prof de maths

Des 14 janvier que peu de souvenirs pour les camerounais ; ce 14 janvier 2020 lui, restera sans doute dans toutes les mémoires. En cause, une tragique histoire mettant aux prises deux protagonistes. M. NJONI TCHAKOUNTE Maurice, 26 ans (né en 1994), diplômé de l’ENS (Ecole Normale Supérieure) il y’a à peine quelques mois. En cours d’intégration (ECI), l’enseignant de Mathématiques est vacataire au Lycée Classique de Nkolbisson à Yaoundé. Il y officie depuis septembre 2019. Il est décrit par ses promotionnaires comme travailleur, persévérant, attachant et brillant. Le second intervenant étudie dans le même établissement depuis deux ans. Bisse Ngosso Brice, la quinzaine, est élève en classe de 4e espagnole. D’une famille modeste, il est décrit par ses camarades comme appartenant à la catégorie de ceux qui aiment les avoir les devants ; un élève dit « populaire », parfois rebelle. Les deux jeunes gens se retrouvent dans la classe de 4e Espagnole 2, ce mardi 14 janvier 2020 pour le cours de Mathématiques.

Tragique récit

Ils se retrouvent, car depuis le début de l’année scolaire, les protagonistes ont eu le temps de se jauger. Point saillant de leurs rapports, cette matinée de décembre, en plein examen –d’avant départ en congés. Le prof de Maths démantèle un réseau de tricherie, et force à contrecœur l’élève Bisse à lâcher le fond de la salle pour le premier banc. Bisse Ngosso Brice ne s’en est pas remis. Plus inquiétant encore, il a promis à qui veut l’entendre qu’il se vengerait :

 Le problème entre le prof et l’élève date de décembre. Le gars a promis d’assassiner son professeur mais les élèves n’ont prévenu personne ! Le “one mop” quoi ! Le sujet est revenu quelques fois dans les discussions entre élèves » Confie M. Franck Djeumen, un collègue du Professeur de Maths.

Les choses vont s’accélérer le 13 janvier, au profit d’une nouvelle friction entre les deux acteurs. Une discussion avait déjà dégénérée la veille, devant les élèves de la classe. Le collègue ajoute :

Le jour d’avant le gars et ses amis ont manqué du respect au prof au point où le gars s’est retrouvé avec la blouse déchirée. ». C’était donc à charge de revanche.

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L’élève Bisse

Mais le récit qui a emprunté plusieurs pistes depuis la survenance des tragiques événements, se déroule ce début d’après-midi du 14 janvier. De retour de la première pause, les élèves de 4e Espagnole 2 ont, pour la deuxième fois de la semaine, cours de mathématiques. Ce jour n’est peut-être pas anecdotique. Il marque la date de remise des copies de l’examen de décembre dernier comptant pour la 3e séquence. Toutefois à l’arrivée de l’enseignant, l’ambiance va être plombée :

Aujourd’hui le prof est entré en classe, il dit à l’élève Bisse : “Si tu veux assister à mon cours soit tu te couches à même le sol ou alors tu sors de ma classe”. Et l’élève BISSE lui dit : “Mr je ne me couche pas et je ne sors pas de la salle de classe”. Et le prof de lui dire, “si vous ne sortez pas je vais vous brutaliser”. Il a retiré sa montre et m’a remis sa montre et son téléphone. Ce que j’ai remis au surveillant. Le professeur avait un compas, il s’apprêtait à commencer le cours. Le prof lui dit, “quitte dans ma salle de classe, tu me gênes”. L’élève lui a dit, “Monsieur ce n’est pas votre salle de classe”»  affirme un jeune homme de 13ans, assis au premier banc à l’extrémité de la classe.   

L’enseignant se fait malgré tout exécuter, et l’élève Bisse se dirige vers la porte. Alors que le professeur débute son cours, l’élève ne bouge toujours pas. Le plus âgé lui assène de nouvelles intimations, que neni. La blouse gardant les séquelles de la veille, il se rapproche du plus jeune. L’élève Bisse avait prévu son coup- sans doute prémédité depuis décembre. Dans son sac, puis dissimulé dans sa tenue, un canif faisait planer l’ombre de la mort.   

  Il commence à pousser l’élève Bisse hors de la classe. L’élève Bisse a frappé la main du prof le compas est tombé. L’élève envoie un coup de poing au prof, et le prof esquive. Il donne à son tour un coup de poing à l’élève. Ils ont commencé à bagarrer. Comme l’élève Bisse voyait qu’il y avait déjà beaucoup de monde, il a sorti un couteau -Les camarades disent qu’il était venu avec ça hier, en promettant de faire quelque chose au prof de mathématiques- Il a sorti son couteau et il visait la poitrine du prof, le prof a esquivé mais Il a piqué presque à l’épaule (à l’intersection entre l’épaule et la poitrine, ndlr). Le sang a commencé à jaillir. L’élève Bisse a retiré son couteau et s’est enfui.» ajoute le jeune élève.

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Vue du Lycée de Nkolbisson

Pour commettre son crime le petit Brice, utilise un coutelas à double tranchants. Le premier coup visait le cœur. Mais à l’esquive, il se dirigera à l’intersection d’avec l’épaule. Non content du coup de poignard, Bisse récidivera. De grands jets de sang jaillirent de sa poitrine, au grand dam des élèves de la classe dont les cris d’horreur pouvaient réveiller un mort. Ce sont ces cris qui alertèrent les enseignants des salles voisines. Aidés de quelques jeunes courageux, ils essayèrent de pratiquer un garrot de circonstance. Dans le même temps, l’élève fautif s’activait à prendre la fuite. Les téméraires transportèrent l’enseignant de 26 ans, au Centre Hospitalier de Yaoundé (CHU). Mais à peine le portail du Lycée franchi, son pronostic vital était engagé. Il ne franchira pas vivant l’Hôpital.   

Les dernières nouvelles font état de ce que les forces de l’ordre qui étaient à ses trousses, sont parvenues à mettre le grappin sur lui. Ce dernier se terrait au domicile familial au quartier Oyomabang à Yaoundé.

Ayant été mise au courant de l’affaire, Nalova Lyonga le Ministre des Enseignements secondaires (Minesec) a fait une descente sur le lieu du drame, annulant sa visite de travail dans le Nkam.

La tragédie qui rappelle celle du Lycée bilingue de Deido le 29 mars 2019. Ousmane Bleriot élève en classe de Terminale avait été poignardé par un ancien élève de ce Lycée.

 

 

 

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